Organisation de 3 villes françaises

Je fais ici un résumé partiel de cet article de Cybergeo, à destination des élèves de troisième.

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Les organisations socio-spatiales des trois unités urbaines présentent à la fois des ressemblances et des différences. Tout d’abord, à l’image de la plupart des villes européennes, Besançon, Mulhouse et Strasbourg se sont toutes trois construites à partir d’un centre autour duquel se sont développées des ceintures périphériques puis une banlieue. Cette dernière est fortement attirée par la ville-centre pour ses diverses fonctions urbaines. Ainsi, le modèle principal de structure urbaine reste le modèle centre-périphérie.
En ce qui concerne les différences, nous constatons certaines propriétés qui conduisent chacune des villes à se détacher des deux autres.

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À propos de Besançon, on peut voir qu’elle s’éloigne de Mulhouse et Strasbourg par sa banlieue restreinte (banlieue pavillonnaire de type « périurbain ») et par son modèle urbain purement radioconcentrique. En effet, les principaux axes de communication structurent fortement la ville de Besançon et l’urbanisation de sa banlieue s’est principalement faite le long de ces axes, ce qui est moins le cas pour les banlieues mulhousienne et strasbourgeoise. De plus, Besançon ne présente aucune dissymétrie Nord/Sud (ou Est/Ouest) contrairement aux villes alsaciennes étudiées. Le Nord de Mulhouse est fortement occupé par des ouvriers et autres inactifs alors que le Sud (plus précisément les quartiers de Dornach et de Rebberg) affiche une surreprésentation des Cadres et Professions Intellectuelles Supérieures (CPIS) et des professions intermédiaires. À l’inverse, à Strasbourg, les CPIS se localisent dans les quartiers du centre historique et de la Robertsau au Nord incluant le site du Wacken, un quartier d’affaires international. Ces quartiers forment un ensemble aisé qui s’oppose au reste de la ville.

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L’unité urbaine de Mulhouse, quant à elle, se différencie de Besançon et de Strasbourg par son ensemble « centre-péricentre ». En effet, le centre historique mulhousien a tendance à s’agréger à son péricentre et joue assurément un rôle moins structurant que les centres-villes bisontin et strasbourgeois. Il semble que les jeunes adultes (étudiants ou jeunes actifs) ont intensément structuré les villes de Besançon et Strasbourg et notamment leur centre historique, ce qui est moins les cas de Mulhouse. Cette dernière se distingue surtout par sa configuration socio-économique plus ouvrière. La part des CPIS est nettement plus faible qu’à Besançon et Strasbourg (près de 5 points de moins) alors que celle des ouvriers est beaucoup plus forte (près de 9 points de plus). Mulhouse s’apparente donc à une ville industrielle tandis que Besançon et Strasbourg relèvent davantage du secteur tertiaire. Son passé militaire et industriel, notamment la présence d’anciennes grandes cités ouvrières construites selon un plan en damier, lui confère une structure socio-spatiale particulière ; elle décrit une urbanisation moins en étoile qu’à Besançon et Strasbourg. Ces cités ouvrières mulhousiennes s’apparentent à des pôles homogènes qui se différencient du reste de la ville. Aussi, on retrouve un second pôle industriel depuis la découverte de mines de potasse en 1904 dans les communes de banlieue situées au Nord-Ouest de la ville-centre. Par la suite, avec le déclin de l’activité minière, cette partie de la banlieue a développé des zones commerciales offrant ainsi de nombreux emplois aux revenus modestes.

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Enfin, l’unité urbaine de Strasbourg se distingue des deux autres agglomérations d’étude, en commençant par son modèle urbain fortement concentrique. En effet, le noyau central est dominant (forte concentration de population, d’activités économique, de pouvoir…) et on peut observer son influence jusqu’en périphérie. L’important dynamisme démographique de Strasbourg peut susciter à la fois des inconvénients et des avantages. En effet, dans les grandes villes, subsistent généralement plus d’externalités négatives. Ainsi, on pourrait penser que Besançon et Mulhouse jouissent de caractéristiques communes correspondant à ce qu’il est convenu d’appeler « la qualité de vie en ville moyenne ». Cela dit, Strasbourg – cette métropole dont la vocation européenne n’est plus à prouver – possède également de nombreuses fonctions métropolitaines qui permettent une importante quantité et diversité de l’offre d’emploi et de formation, de services publiques, d’équipements, etc., ce qui peut être très attractif pour diverses populations (étudiants, jeunes actifs, cadres…). Par conséquent, la ville de Strasbourg se caractérise par un plus fort besoin en logements. En effet, elle se différencie de Besançon et Mulhouse par son taux de logements collectifs plus élevé, surtout au sein même de sa banlieue. En outre, les propriétaires sont moins présents, sans doute du fait d’un marché immobilier plus tendu7 qui peut, en partie, engendrer des tensions plus importantes rendant délicates les trajectoires des ménages les plus démunis et des classes moyennes. C’est pourquoi une analyse complémentaire des transformations socio-spatiales a été menée en prenant toujours le soin d’identifier des facteurs d’évolution spécifiques qui se trouvent généralement être des facteurs historico-politiques.

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