Une accumulation de bêtises ?

Je trouve les arguments développés par Karine Mauvilly, ex-journaliste et ex-professeur d’histoire – géo en collège (elle semble avoir des difficultés à trouver sa voie) faux et orientés, mais peut-être ai-je tort ? Elle lance un cri d’alarme contre le numérique à l’école ici.
Florilège  :
– « Les aspects négatifs du numérique sont plus nombreux que les positifs. »
– « Cela ne vise qu’à vendre des objets numériques aux élèves et à l’Ecole. »
– « de nombreux aspects mettent en danger la santé des enfants, ou sont négatifs pour l’apprentissage : le numérique a des effets sur la vue : on constate, partout dans le monde, une augmentation de la prévalence de la myopie chez les enfants et adolescents, et un lien clair est fait avec l’utilisation abusive des écrans. Chez les 5-10 ans, la lumière bleue des écrans aurait aussi un effet irréversible sur une partie de la rétine. »
– « le numérique a un impact négatif sur le sommeil. La fréquentation des écrans le soir retarde l’heure de l’endormissement – or, on sait que les performances scolaires sont reliées à la qualité du sommeil. »
– « des études font le lien entre l’utilisation trop fréquente des écrans et le niveau de bien-être des enfants. L’anxiété augmente avec le temps d’écran. Enfin, des risques de d’addiction existent durant l’adolescence, et cela peut avoir un effet délétère sur l’apprentissage. »
– « nous faisons juste une distinction entre l’usage du numérique pour les adultes, qui peut avoir de grands avantages, et la généralisation des écrans dans la vie des enfants. Ce n’est pas parce qu’un objet a des avantages dans la vie adulte, qu’il a les mêmes avantages pour les plus jeunes. Il y a un temps pour se construire avec des outils traditionnels, avec une relation d’humain à humain, et un temps pour accéder aux objets du moment. »
– « Aucune étude ne démontre un meilleur apprentissage avec les objets numériques. »
– « Des études montrent qu’il n’y a pas de corrélation systématique entre la motivation pour quelque chose et l’efficacité dans l’apprentissage« .
– « ce qui nous apparaît aujourd’hui comme attrayant, ennuiera demain prodigieusement les élèves… il faudra alors passer au gadget suivant pour les motiver. »
Les arguments ne sont pas étayés par des preuve (on n’a pas les références des études en question), on a au mieux des arguments d’autorité ! Mais peut-être est-ce pour qu’on lise son livre…

Question : est-il disponible pour les tablettes ? Réponse :

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Jusqu’où ira l’hypocrisie ?

Cette dame affirme que l’école veut devenir tout numérique, ce qui est faux et même totalement illusoire à la vue du manque de moyen de notre institution. D’autre part, si elle veut que des adultes utilisent correctement ces outils numériques, ne faut-il pas que des enfants ou adolescents l’apprennent ? Le rôle de l’école est d’enseigner aux élèves un usage raisonné de ces outils.

2 thoughts on “Une accumulation de bêtises ?”

  1. Ah oui, je l’avais vu passer celui-là et le commentaire critique du Café Pédagogique m’avait amusée….En voici un extrait:

    Eloge de la trollitude

    Ce livre ne fait que rassembler des arguments de toutes sortes sans une véritable vision, ni de la société, ni de l’école. Les quelques allusions à la philosophie ou à l’anthropologie font très étonnamment l’impasse sur des travaux comme ceux de Jacques Ellul (que les auteurs semblent ignorer), ou de Gilbert Simondon, mais aussi plus récemment, ceux de Bernard Stiegler… De même les auteurs font l’impasse sur l’histoire de l’école et de la transmission, omettant même de citer Marcel Gauchet dont les travaux apportent pourtant des arguments intéressants pour certaines de leurs thèses. On s’étonne aussi que l’analyse de l’histoire des technologies informatiques à l’école ne se double pas d’une histoire de la pédagogie et de la fondation du système scolaire (pourtant bien documentée de François Dubet à Condorcet)… Bref le parti pris est d’abord un parti.

    Voilà un livre qu’on pourra s’abstenir de lire. Il alimentera la rituelle critique de l’école, marronnier de la rentrée scolaire. Mais c’est un contre-exemple tant sur le plan du style que de la rigueur, pourtant revendiquée. Accumulation de citations ou références n’est pas pertinence, surtout lorsqu’elles sont sorties de leur contexte. Les auteurs incriminés ou appelés à la rescousse pourront eux-mêmes s’en faire une idée. L’abondance de petites remarques insérées dans le corps des phrases qui dénigrent sans autre forme de discussion, soit des idées, soit des personnes, n’est qu’une forme du discours qui devient courante dans l’esprit de médiatisation contemporain.

    Après les débats entre le bien et le mal porté à l’époque de Pierre Bourdieu, voici venu l’ère de la rhétorique polémique, celle que l’on trouve aussi chez nombre de trolls en ligne sur Internet. La violence discrète de certains passages est étonnante dans un livre qui tente de convaincre, mais n’y parvient pas.

    Bruno Devauchelle

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