Nouvel échec de la démocratie en Afrique ?

gambie_0

Yaya Jammeh, le chef de l’État gambien au pouvoir depuis 22 ans (il en a 51), a d’abord reconnu sa défaite au scrutin présidentiel de jeudi 1er décembre face au candidat d’une coalition d’opposition, Adama Barrow.
Mais ce dictateur fantasque et imprévisible rejette aujourd’hui ce résultat, prétextant des erreurs dans le décompte des voix. les forces de l’ordre ont été déployées dans toute la ville. Des militaires lourdement armés sont disposés dans les lieux stratégiques comme le pont Denton Bridge, le palais présidentiel et le port.
Militaire de carrière, Yaya Jammeh est arrivé au pouvoir par un coup d’État, en 1994,date à laquelle il a renversé Dada Jawara, le premier président de la Gambie indépendante, depuis 1965 !
Depuis qu’il est au pouvoir,, Yayaht Jammet s’attaque à tous ceux qu’il estime menacer son pouvoir : civils, militaires, journalistes. Il écrase toute forme de contestation, n’hésitant pas à emprisonner des opposants gênants et des journalistes un peu trop indépendants. Chef d’État paranoïaque, il se dit habité par des forces mystiques et affirme soigner le sida ou la stérilité par des incantations, dans des cérémonies publiques filmées et largement diffusées à la télévision publique.
Son bilan économique et social est très négatif. La Gambie est un pays pauvre malgré un taux de croissance d’environ 5 %. Une croissance qui bénéficie peu au marché du travail et aux conditions de vie des Gambiens. Si on se penche sur son indice de Développement Humain (IDH), la Gambie occupe le 165e rang sur les 187 pays enregistrés en 2012. Le taux d’alphabétisation des plus de 15 ans est inférieur à 46 % en Gambie. Si l’économie a été affectée par l’épidémie régionale d’Ebola, elle l’est encore plus par la corruption, la désorganisation et une gestion imprévisible des affaires publiques. Parmi ses décisions déroutantes, l’abandon officiel de l’anglais au profit de l’arabe, en mars 2014. Un an plus tard, il proclamait la Gambie république islamique.
Autre échec, l’exode rural non maîtrisé. Dans ce pays au taux de croissance démographique de 2,7 %, près de la moitié de la population réside en zone urbaine. Un phénomène qui favorise une urbanisation incontrôlée confrontant la Gambie à d’importants défis sociaux, économiques et environnementaux.
C’est pourquoi les Gambiens sont nombreux à fuir la pauvreté et la répression et à tenter de migrer vers l’Europe.

La communauté internationale a largement condamné le revirement de Yahya Jammeh. Du Conseil de Sécurité de l’ONU à l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE) à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de très nombreuses voix se sont levées pour dénoncer le geste du président sortant.

D’après deux articles (ici et ) de La Croix.fr

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s