Education et élection présidentielle

Y a-t-il une chance que l’éducation en général deviennent une priorité lors de la prochaine élection présidentielle ? Qu’elle apparaisse comme un enjeu majeur, ou au moins un thème important des débats ? La réponse est non. Aucune chance. Pour plusieurs raisons.

D’abord parce que les candidats, tous les candidats, de droite comme de gauche, sont en permanence soumis à des pressions de toute sorte par les lobbies : associations de parents, syndicats, fédérations professionnelles, comités de défense…
Entre élections à venir et sondages, ils sont soumis à la dictature du court terme. La vision stratégique, la projection à dix ou vingt ans, n’appartient plus au temps politique ou à celui de la société, alors que l’éducation, par essence, ne porte ses fruits que sur le long terme.
En politique, l’immobilisme est mère de sûreté et de réélection, le courage paie rarement et la vision à long terme encore moins.

Bien sûr, les programmes des candidats comportent tous un volet consacré aux questions d’éducation. Mais il s’agit d’un exercice obligé. Par exemple, le dernier des trois débats de la primaire de la droite a enfin traité un peu plus sérieusement des questions d’éducation (le sujet avait été bâclé en une minute lors du précédent débat). Mais seuls deux thèmes ont été abordés : le collège unique et la sélection à l’université.
Le financement des politiques mises en place ? Les nouveaux outils pédagogiques ? Le décrochage scolaire ? La panne de l’ascenseur social ? L’emploi des jeunes diplômés ? L’égalité des chances ? Sur tout cela, pas un mot…
Faire de l’éducation une priorité nécessiterait, forcément, un effort financier considérable. De plusieurs milliards d’euros au moins, voire quelques dizaines de milliards. Difficile à envisager et à faire passer pour un pays déjà passablement endetté et en déficit régulier. Les retombées de cet investissement seraient pourtant considérables… mais à moyen terme ! C’est-à-dire trop tard pour les hommes politiques !

Mais ce désintérêt pour la question de l’éducation n’est pas seulement le fait des politiques : leur manque de vision ou de volonté sont aussi le miroir, à peine déformé, des choix des électeurs.
L’éducation ne fait pas rêver, en dehors de quelques enseignants passionnés. Augmentez la redevance TV d’un euro, et vous aurez un débat homérique à l’Assemblée. Construisez des stades, vous aurez l’appui de la majorité de la population. Proposez la candidature de Paris aux JO, de la France à l’Euro ou au Mondial de foot, et vous aurez l’unanimité avec vous. Mais construire des établissements scolaires, investir dans l’éducation…

Donc, inutile de se leurrer : au cours du prochain quinquennat, on va continuer à bricoler. A constater la baisse du niveau dans l’enseignent primaire et secondaire – pendant que les taux de réussite au bac continueront eux, à grimper. A voir les étudiants s’entasser dans les facs souvent décrépites et à observer que l’écart se creuse, côté enseignement supérieur, entre des grandes écoles de plus en plus coûteuses, et des universités chargées d’accueillir la grande masse des étudiants.

Texte modifié par mes soin d’un article du blog Focus Campus, du Monde.fr

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