Des archéologues ont sans doute retrouvé le mausolée de Soliman le Magnifique en Hongrie

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Assemblage de deux tableaux de Titien peints vers 1530 : François Ier et Soliman le Magnifique

En septembre 1566, lors du siège du château de Szitegvár, bastion de la famille Habsbourg en Hongrie, le sultan Soliman le magnifique mourut à l’âge de 72 ans.
Dans la nuit du vendredi au samedi 7 septembre 1566, un incendie se déclara dans le château et l’armée turque s’apprêtait donc à envahir la forteresse lorsque Soliman succomba à une maladie. Le grand vizir de Soliman ordonna le secret le plus absolu sur la mort du souverain, et envoya un messager prévenir le fils désigné par Soliman pour prendre sa succession. Puis il fit creuser un trou dans le sol de la tente de Soliman pour y enterrer le sultan.
Selon une tradition, après la bataille, le vizir aurait ôter le cœur et les autres organes du corps du sultan et les aurait inhumer au même endroit, dans un bassin d’or. De la sorte, le cadavre embaumé de Soliman parvint sans trop de dommages à Istanbul où il fut inhumé dans un splendide monument.
À l’endroit où Soliman était mort, ses successeurs firent ensuite élever un mausolée dans un but très politique (Il s’agissait d’affirmer la présence ottomane sur place, de dire que ce territoire était musulman est le resterait à jamais. La présence d’une tombe musulmane, même temporaire, sur un territoire était en effet un prétexte fréquemment utilisé par les Ottomans pour justifier leurs conquêtes). Ils y adjoignirent une petite mosquée, un couvent de derviches pour entretenir les lieux et héberger les pèlerins de passage, ainsi qu’une garnison et des fortifications pour le protéger. Les premières mentions claires de la présence de l’édifice datent de 1576 et celui-ci fut partiellement détruit en 1664 lors d’une attaque hongroise, avant d’être reconstruit. Mais trois siècles plus tard, sa localisation était complètement oubliée.
Dès le début du XXe, des historiens et archéologues tentèrent alors de le retrouver, en vain. En 2009, l’archéologue Erika Hancz s’associa au géographe Norbert Pap pour retrouver la trace du mausolée. Ensemble, ils compulsèrent les cartes d’époque, les textes ottomans, hongrois. Ils en dénichèrent même de nouvelles, dans des archives turques, à la Bibliothèque nationale de France à Paris et dans plusieurs villes hongroises. Se basant ensuite sur une cartographie en 3D, et une extrapolation rigoureuse par ordinateur, qui tient compte des modifications du relief dues à l’érosion, ils retracèrent ainsi les grandes étapes de l’évolution de la zone − grands défrichements, évolution des cultures. Puis ils refirent le chemin dans l’autre sens, vérifiant que les cartes simulées ne contredisent pas la description des lieux dans les différents textes historiques.
De cette reconstitution minutieuse du paysage, ils déduisirent l’emplacement probable du camp de Soliman, une colline plantée de vignobles et de vergers, à environ 4 kilomètres au nord-est du château.
Là, ils prospectèrent la surface du sol collectèrent une très grande quantité de débris de briques qui datent de l’occupation ottomane ainsi que des tessons, appartenant à des objets luxueux : des bols de couleur verte et vernissés, des fourneaux, des récipients rouges, des céramiques des Balkans et même une porcelaine chinoise d’époque Ming (XVe-XVIIe siècle).
Pour savoir ce qu’il y avait sous la surface, les archéologues décidèrent de sonder le sous-sol par différentes techniques (radar, électromagnétiques…) en 2014. Ils y détectèrent plusieurs édifices qu’ils comparèrent au seul plan connu du mausolée et de ses dépendances, établi en 1664 par un noble hongrois ayant participé à l’attaque du site, mais très imprécis. La similitude entre les deux leur confirma qu’ils étaient sur la bonne voie.

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Le plan très approximatif de 1664
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Le site des fouilles

Les fouilles, commencées en octobre 2015, mirent au jour les vestiges d’un bâtiment centré sur une salle carrée de huit mètres de côté, aux murs épais en brique et en pierre. Malheureusement des pillards étaient déjà passés : l’équipe découvrit leur tunnel creusé probablement à la fin du XVIIe siècle. Elle découvrit néanmoins quelques fragments de décors peints assez similaires à ceux de l’autre mausolée de Soliman, celui d’Istanbul.
Début 2016, les archéologues ont cartographié le relief avec des lasers (Lidar) pour préciser le plan et les limites des bâtiments. Ils eurent confirmation que le bâtiment près du mausolée était bien, comme prévu, une mosquée : Ils ont retrouvé la base de son minaret et son orientation ne diffère que d’un degré avec la direction de La Mecque.

D’après un article du blog Dans les pas des archéologues.

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