Un livre pour la bibliothèque de classe ?

Pour poursuivre la discussion sur « nos ancêtre les Gaulois » si chers à la plupart de nos hommes politiques, voici un extrait d’un ouvrage récent, écrit par Jean-Michel Dequeker – Fergon, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et en classes préparatoires, publié aux éditions Le Pérégrinateur.

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« Quelle est donc cette Gaule que Rome achève de soumettre au Ier siècle avant notre ère ? En aucun cas un ensemble territorial unifié, pas plus qu’un espace qui serait peu ou prou circonscrit par les futures frontières nationales. Il faut se garder de toute illusion rétrospective qui voudrait discerner dans la Gaule le visage anticipé de la France. Les Gaulois ne préfigurent pas les Français.
Les sociétés celtes (ou gauloises) qui ont émergé au VIIIe siècle avant J.-C. (âge du fer ou période dite halsttatienne) se sont structurées autour de places fortifiées. Elles ont noué des relations avec le monde méditerranéen comme en témoigne le fameux cratère de Vix en bronze, probablement coulé en Grande-Grèce, découvert en 1953 dans la chambre funéraire d’une princesse inhumée au mont Lassois (Côte-d’Or). Ces échanges commerciaux se sont nourris de l’essor de comptoirs grecs sur la côte : Marseille, fondée en 600 par les Phocéens (Grecs d’Asie mineure), Nice, Antibes, Agde, etc.
Au début du Ve siècle, l’ère dite de la Tène succède sans solution de continuité à la civilisation hallsttatienne. Elle est marquée par les « mouvements celtiques », migrations nées de la pression démographique qui conduisent ces populations à s’immiscer dans les îles Britanniques, en Europe orientale ou même en Asie mineure. Cette extension procède souvent de l’infiltration de petits groupes qui se mêlent aux populations locales ; elle peut aussi prendre le visage d’expéditions militaires, à l’instar de celle qui conduit les Sénons de Brennus jusqu’à Rome, pillée et incendiée vers 380.
Le fait majeur de cette période reste peut-être la progressive stabilisation du maillage territorial des quelques dizaines de peuples gaulois, organisés chacun autour d’oppida, de villages et de fermes. Ainsi les Eduens (capitale Bibracte) : ils dominent un territoire s’étendant du Morvan à l’axe de la Saône, recouvrant une bonne partie de la Bourgogne actuelle, et fondent leur puissance sur leur position de carrefour ; ainsi les Arvernes (capitale Gergovie) à qui l’Auvergne empruntera son nom ; ainsi les Allobroges, les Helvètes, les Séquanes, les Bituriges, etc.« 

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