L’école en film

C’est sous ce titre qu’est placé le Mois du film documentaire 2016, entre le 4 et le 23 novembre 2016, au centre Pompidou à Paris.
En 2002, Nicolas Philibert filmait pendant un an un maître d’école d’une classe unique en campagne. Son film Être et avoir, en compétition à Cannes et ayant obtenu un César, fut un des premiers grands succès public pour un documentaire en salle, et qui plus est sur cette thématique de l’école. Dix ans avant, Claire Simon présentait en compétition au Cinéma du réel son film Récréations, véritable immersion dans une cour de récréation d’école maternelle. Encore avant cela, en 1978, Jean­-Michel Carré concevait une série de films engagés, résultat d’une réflexion collective menée par un réalisateur, un groupe d’enseignants, de chercheurs et de militants.
Ces films pionniers et emblématiques furent le départ d’une longue série de documentaires qui se sont introduits dans l’univers de l’école pour mieux en comprendre les rouages et en dépeindre les différents acteurs. Portraits d’écoliers, récits d’enseignants, nouvelles pédagogies, échec scolaire, mixité et intégration …. les thèmes sont riches et variés et dépassent aussi les frontières de notre territoire.
Une trentaine de films sont présentés, accompagnés de leur réalisateur et de spécialistes, pour tenter de faire un tour d’horizon de cette question universelle de l’école, de ses mutations et de ce qu’elle dit de notre société.
Le programme s’articule autour de trois thématiques :
– Enseignants, héros ordinaires
– Intégration, inclusion, une école de la mixité
– Enseigner autrement, apprendre autrement
En ouverture, le film de Joanna Grudzinska, Révolution école 1918-1939, diffusé il u a peu sur Arte, dresse le portrait des nouveaux pédagogues de l’entre-deux guerres.

Films projetés :
The Bad Kids : Perdue au beau milieu du désert de Mojave, la Black Rock High School accueille des jeunes en difficulté, pour la plupart présentant des risques de décrochage.(Keith Fulton et Lou Pepe, 2016, Etats-Unis)
Tempête sous un crâne : Au collège Joséphine Baker de Saint-Ouen, en Seine-Saint- Denis, Alice et Isabelle enseignent à la même classe tour à tour agitée, timide, joyeuse, turbulente, mélancolique et vivante : la Quatrième C. La première est professeure de lettres, la seconde d’arts plastiques. (Clara Bouffartigue, 2012, France)
Devoirs du soir : Installé dans une salle de classe, assis dans son costume gris, ses lunettes noires sur le nez, Abbas Kiarostami interroge tour à tour les élèves d’une école iranienne. Face à la caméra, les enfants répondent aux questions que le cinéaste leur pose sur leurs devoirs.(Abbas Kiarostami, 1989, Iran)
Blank : Vingt ans plus tard, Amirnaeim Hosseini retourne poser sa caméra dans la même école qu’ Abbas Kiarostami. Qu’est-ce qui distingue les enfants d’hier de ceux d’aujourd’hui ? (Amirnaeim Hosseini, 2009, Iran)
Adieu Barbiana : Dans les années 1960, Don Lorenzo Milani, curé, transforme une paroisse en école pour les jeunes garçons de la région refusés aux examens de l’État. La classe au fur et à mesure de ses agrandissements devient une véritable communauté. 365 jours par an, 7 jours par semaine, 10 heures de classe par jour, les enfants de Barbiana, avec leur professeur, lisent les journaux quotidiens pour comprendre le monde extérieur, apprennent à lire, à parler, à nager. (Bernard Kleindienst, 1994, France)
Makarenko, ou la sanction éducative : En URSS, au cours de la Révolution, un pédagogue va créer des « colonies » de jeunes délinquants sous la forme de lieux de vie autogérés. À travers le cas d’un de ses élèves, Oujikav, le film évoque l’importance pour tout adolescent d’évoluer dans le cadre d’une collectivité.(Bernard Kleindienst, 2001, France)
Les enfants de Summerhill : Bernard Kleindienst retrouve dans les années 1990 une poignée d’enfants ayant vécu à l’école de Summerhill, créée en 1921 par Alexander Sutherland Neill. Ils sont maintenant adultes et racontent leur vie dans cette école pas comme les autres où « tout est permis ». (Bernard Kleindienst, 1997, France)
Le relais : La classe relais du collège Django Reinhardt de Toulon accueille des élèves de la région exclus de leur établissement. Pendant quelques semaines, ils sont pris en charge par une équipe de professeurs avant de réintégrer le système classique. Les réactions des jeunes face à l’enseignent sont variées, entre haine, rejet, incompréhension, résignation, reconnaissance et, parfois, espoir.(Bernard Kleindienst, 2008, France)
Buscando patriots : Mari Alessandrini filme des écoliers dans la steppe patagonienne entre la maison et l’école. (Mari Alessandrini, 2015, Suisse)
Our school : Dans la petite ville de Târgu-Lapus, au nord de la Transylvanie, une école roumaine accueille un petit groupe d’enfants roms dans le cadre d’un projet d’intégration. Pendant quatre ans, l’équipe de tournage suit trois d’entre eux, Alin, Benjamin et Dana, qui malgré leur volonté et leurs efforts pour réussir continuent à subir les préjugés, l’isolement et la discrimination.(Mona Nicoara et Miruna Coca, 2011, Etats-Unis/Suisse/Roumanie)
Kyrkogardso : Kyrkogårdsö est une île minuscule au beau milieu de la mer Baltique, entre la Finlande et la Suède, c’est là qu’habite Ida Nordberg, 5 ans, et sa famille. Tous les matins et tous les soirs, elle parcourt à bord d’un ferry plusieurs kilomètres pour se rendre à l’école à Kökar.(Joakim Chardonnens, 2012, Suisse – Finlande)
Être et devenir : À la naissance de son fils, Clara Bellar se questionne sur les différentes méthodes d’apprentissage qui se présenteront lorsqu’il aura l’âge d’aller à l’école. C’est alors que le choix de la « non scolarisation » se présente à elle, elle va alors partir aux quatre coins du monde à la rencontre de familles qui ont fait le choix de l’apprentissage libre.(Clara Bellar, 2012, France)
Le COD et le coquelicot : Cinq jeunes instituteurs prennent en charge une école primaire « sensible » de la banlieue parisienne. L’animation parfois en « papiers découpsé », parfois dessinée, vient illustrer les voix des instituteurs qui racontent leur aventure dans cette école où tout est à reconstruire.(Jeanne Paturle et Cécile Rousset, 2013, France)
Première classe : Élodie, Laure et Soufiane font leurs premiers pas comme institutrices et instituteur, le temps d’un stage de quatre semaines dans trois écoles de la région parisienne. Étudiants à l’IUFM, ils se retrouvent, pour la première fois, seuls devant des enfants et doivent apprendre à apprendre, une tâche bien plus difficile qu’il n’y paraît.(Françoise Davisse, 1999, France)
L’arbre et le requin blanc : Un an dans la Freie Schule Tempelhof à Berlin, construite sur le terrain d’anciens studios cinématographiques reconvertis dans les années 1970 en village durable. Ici les enfants sont libres de leurs activités, pas de plages horaires aménagées, pas de classes imposées, dès leur plus jeune âge, les enfants de la Freie Schule décident eux-même de ce qu’ils veulent apprendre, quand, et avec qui. Leur apprentissage passe par l’expérience, le partage et l’interaction avec l’autre.(Rafaele Layani, 2014, France)
D’une école à l’autre : La rencontre des classes de CM1 de deux écoles parisiennes, une dans le 20ème, l’autre dans le 5ème arrondissement. Les 45 enfants se rencontrent autour d’un projet au Centre National de la Danse mené par les deux institutrices Cécile Gérard et Karine Durand, le chorégraphe Christophe Cagnolari, et la réalisatrice Pascale Diez.( Pascale Diez, 2012, France)
La loi du collège : En six épisodes, Mariana Otero raconte la vie du collège Garcia-Lorca de Saint-Denis pendant une année scolaire. Sa caméra suit les élèves et les professeurs dans les couloirs, les salles de classe, les bureaux, la salle des professeurs, pendant les cours, les réunions, les conseils de classes et les récréations.( Mariana Otero, 1994, France)
La maison de l’éveil : Suivant la méthode du pédagogue Célestin Freinet, Madeleine Dupouy enseigne dans une petite école du Gers des années 1940 aux années 1970. Fondée sur l’expression libre, cette pédagogie encourage le développement de la personnalité de l’enfant. Lors du tournage en 1995, Henri Colomer retrouve Madeleine et certains de ses élèves maintenant adultes. Tour à tour ils lui racontent leurs souvenirs et comment cette expérience leur a permis de grandir et d’appréhender le monde.(Henri Colomer, 1995, France)
Être et avoir : Dans l’école communale de Saint-Etienne-sur-Usson, petit village auvergnat, il n’y a qu’une seule classe, douze élèves, et un instituteur. Georges Lopez, s’occupe seul de ce petit groupe d’enfants, allant de la maternelle au CM2, aussi unis que différents.(Nicolas Philibert, 2002, France)
Ces enfants sur mon chemin : Erika Haglund a rencontré les enfants de la classe arc-en-ciel de l’école Notre-Dame de Senlis. Camille, MIla, Camille, Astrid, Ulysse, Elana, Mathis, Laura et Emilie ont entre 7 et 12 ans et ont tous des difficultés intellectuelles, des « handicaps » qui rendent leur apprentissage difficile.(Erika Haglund, 2015, France)
Blind : Dans Blind, on découvre l’enseignement et la vie quotidienne des élèves depuis le jardin d’enfants jusqu’au 12ème grade de l’Alabama School for the Deaf and Blind, à Tallageda. L’école a pour objectif de former à l’autonomie les enfants aveugles et déficients visuels à travers l’entraînement à la mobilité, l’enseignement du braille et des matières scolaires.(Fredercik Wiseman, 1986, Etats-Unis)
A class of their own : L’école primaire Tong Yuan à Guangzhou, petite ville chinoise, accueille les enfants des familles migrantes qui se sont vu refuser l’accès au système scolaire public. D’un côté, des élèves qui viennent des quatre coins de la Chine, parlant seulement un dialecte et n’ayant jamais été scolarisés pour la plupart, de l’autre, une équipe enseignante enthousiaste mais insuffisante. À travers le parcours de trois enfants, Haryun Kim montre avec A class of their own comment apprendre, enseigner et trouver sa place dans un système éducatif précaire.(Haryun Kim, 2013, Chine)
A scuola media : Au cœur de la banlieue de Naples, les professeurs et la directrice du collège Nino Cortese essayent tant bien que mal d’enseigner à des élèves turbulents, désintéressés et dont la plupart ne parlent que napolitain. Il faut alors, tout au long de l’année, tenter de contenir le chaos qui règne dans les couloirs, dans les classes, dans les bureaux tout en maintenant un semblant de programme pédagogique.(Leonardo Di Costanzo, 2003, France – Italie)
La mémoire dure : L’école primaire Houdon dans le 18ème arrondissement de Paris, accueille un petit groupe de cinq enfants immigrés tout juste arrivés en france dans une classe d’initiation linguistique. Leur maîtresse Pascale, ainsi que Françoise, la professeure de musique et la conteuse d’histoire, Kateljne Bachrach, leur apprennent la langue ainsi que la culture française.(Rossella Ragazzi, 2000)
L’envers du tableau noir : pile profs, face élèves : Du lycée Jacques Feyder à Epinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, au lycée Jean-Baptiste Say dans le XVIeme arrondissement de Paris, en passant par le collège Le Lac à Sedan, dans les Ardennes, l’école ne veut pas dire la même chose et n’est pas vécue de la même manière. Dans une première partie, un professeur de chacun des établissements, puis trois de leurs élèves nous racontent leur expérience.(Stéphanie Molez et Thierry Küber, 2010, France)
High School : La North East High School de Philadelphie en Pennsylvanie est un lycée dit d’excellence. Pendant cinq semaines de l’année 1968, Frederick Wiseman y filme les administrateurs, les professeurs, les élèves et leurs parents.(Frederick Wiseman, 1968, Etats-Unis)
High School II : Vingt-six ans après High School, Frederick Wiseman se replonge au cœur de l’enseignement secondaire, cette fois-ci à New York. La Central Park East Secondary School à Harlem est un lycée alternatif où les élèves, outre les classes de mathématiques, de sciences ou de littérature, sont sensibilisés aux valeurs fondamentales de la société grâce à la mise en place d’assemblées générales, de groupes de discussion ou de rencontres individuelles avec les professeurs. La réussite de l’établissement tient en grande partie à la place accordée à la responsabilité, à l’accomplissement personnel et à l’apprentissage du respect et de la tolérance.(Frederick Wiseman, 1994, France)
Votre enfant m’intéresse analyse les idéologies, les étapes et les choix politiques qui ont abouti à la conception contemporaine et dominante de l’éducation. Des scènes réelles, filmées à l’école Vitruve, mettant en scène des façons d’apprendre différentes autour de projets en contrepoint de scènes de fiction historique illustrant la place de l’enfant depuis l’ancien régime (milieu du 18ème siècle) à nos jours, interrogent les valeurs qu’on nous présente comme intemporelles alors qu’elles ne sont qu’idées reçues.(Jean-Michel Carré, 1981, France)
On n’est pas des minus  apporte un complément d’information à Votre enfant m’intéresse sur ces façons d’apprendre dans une école déscolarisée où l’on pousse les contradictions de la société, du travail manuel et intellectuel, du savoir et de l’action.(Jean-Michel Carré et Danièle Lacoste, 1981, France)
Alertez les bébés ! : Réalisé en collaboration avec l’équipe du Vitruve, Alertez les bébés ! décrypte le mécanisme de l’échec scolaire et expose les interventions conjuguées des parents, des enseignants et des spécialistes en tout genre qui font de l’enfant un enfant cerné et le prive de sa liberté de s’exprimer.(Jean-Michel Carré, 1978)
L’enfant prisonnier analyse sous forme de fiction les contraintes vécues par un enfant de neuf ans dans sa vie quotidienne : famille, média, environnement, école où il apprend à intégrer la norme et le système hiérarchique.(Jean-Michel Carré, 1975, France).

Presque au même moment, entre le 5 octobre et le 18 novembre, le Forum des images propose Cas d’école(s), un cycle de films sur l’école : « Monsieur le professeur, je vous dis merde ! » Ce cri du coeur de l’élève Tabard, point de départ de l’insurrection générale, a valu à Zéro de conduite une interdiction immédiate à la suite de sa première projection en 1933. Depuis, de nombreux films ont pris pour sujet l’école ; ce qui se joue à l’intérieur, entre élèves et professeurs, mais aussi au sein de la société.
Voici les films proposés :

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