C’est affligeant !

Affligeant de voir des collègues, cédant aux sirènes des médias, en arriver à parler pour les autres. Voici ce que déclarent deux professeurs de lycée, Margaux Merand et Hélène Parent, au Figaro :
« Le constat est sans appel: il est actuellement impossible, pour un professeur du secondaire, de faire cours à des classes si hétérogènes, qu’il s’agisse d’un «cours magistral», d’un «cours magistral dialogué» ou encore d’activités visant à la mise en place d’une «pédagogie différenciée». Dans les deux premiers cas, le niveau des élèves est si variable, et leurs situations si diverses, qu’il est illusoire pour l’enseignant de se faire comprendre par l’ensemble de la classe. Dans le cas de la «pédagogie différenciée», les effectifs sont bien trop nombreux pour espérer trouver un dispositif permettant à la fois à chaque élève de faire des exercices adaptés à ses propres difficultés et au professeur de dispenser à chacun les connaissances et les conseils nécessaires. Le mythe pédagogiste, qui voudrait que le savoir émane des élèves et non du professeur, est un leurre: tout professeur un tant soit peu expérimenté remarque bien que les élèves veulent qu’on les aide individuellement, qu’on s’adapte à leurs difficultés, mais ne croient aucunement que leurs propres expériences tiennent lieu de savoir. De ce fait, la recherche d’activités permettant aux élèves de «deviner» (car c’est bien ce dont il s’agit) ce qu’on veut leur inculquer, est vaine en plus d’être chronophage, et participe d’une atteinte à l’autorité de l’enseignant, laquelle lui vient justement en partie de son statut à la fois ferme et rassurant pour l’élève de «celui qui sait».« 

Je comprend, mesdames, vous êtes celles qui savent… Pauvres ignorants que nous sommes, nous autres, professeurs, qui avons une autre expérience, un autre ressenti !

A quoi servent ces propos outranciers et faux ? A fustiger le collège unique, bien sur !
(…) »La seule manière de résoudre ce problème d’hétérogénéité, outre la réduction des effectifs, nous semble effectivement résider dans un travail précoce sur l’orientation des élèves. Le collège unique, créé par la réforme Haby de 1975 , est manifestement un échec sur certains plans, et c’est cet échec qu’il s’agit de prendre réellement en compte.« 

Le reste de l’entretien est à l’avenant, notamment sur la formation des professeurs stagiaires : (…) « Elle est scindée entre formations «disciplinaire» (regroupant les stagiaires et les professeurs formateurs académiques des mêmes disciplines) et «transversale» (mélangeant toutes les disciplines et les professeurs de collège / lycée). La première partie de la formation est tout à fait utile: elle met les stagiaires en contact avec des professeurs d’expérience, qui mettent à disposition leurs connaissances, certains supports de cours, et qui permettent des échanges réellement constructifs. La deuxième partie, quant à elle, est généralement condamnée à une inanité totale.
Les enseignements portent sur des thèmes si larges qu’ils n’ont aucune utilité immédiate pour le stagiaire et lui font perdre son temps.
Les enseignements y sont assurés par des professeurs de mathématiques, d’EPS, d’anglais, etc., et portent sur des thèmes si larges qu’ils n’ont aucune utilité immédiate pour le stagiaire et lui font perdre son temps.« 

Mesdames, par pitié, retournez faire cours et arrêtez de donner des leçons !

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