La littérature, grande ennemie des dictatures

Après le coup d’État manqué du 15 juillet dernier, le gouvernement turc a prononcé par décret, le 27 juillet dernier, la fermeture de de 131 entreprises de presse et d’édition : 16 chaînes de télévision, 23 radios, 45 journaux, 3 agences d’information, 15 revues, et 29 maisons d’éditions.

 

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Dans le même temps, l’écrivain turque Asli Erdogan a été incarcérée dans une prison pour femmes d’Istanbul selon Actes Sud, sa maison d’édition en France. Connue pour ses prises de position critiques envers le gouvernement turc et pour être membre de la rédaction de Özgür Gündem, un quotidien soutenant les revendications des Kurdes, elle avait été arrêtée à son domicile dans la nuit du 16 au 17 août, et mise en garde à vue au Bureau de lutte contre le terrorisme de la Sécurité turque. L’écrivain a été déférée au tribunal le 19 août sur la base de trois chefs d’accusation : « propagande en faveur d’une organisation terroriste », « appartenance à une organisation terroriste », et « incitation au désordre ».
Cette situation qui ressemble fort à une dérive autoritaire dure depuis plusieurs mois avant même que le coup d’Etat du 15 juillet dernier ne donne au pouvoir les motifs d’une répression.

De son côté, le bureau de la censure du gouvernement chinois a demandé le retrait de quatre livres sur les stands français et américains de la Foire internationale du livre de Pékin.
Alors qu’aucune décision de ce type n’avait été prise depuis douze ans, les autorités chinoises ont exigés le retrait de La Chine au pied du mur d’Isabelle Attané et Les Fils de princes : une génération au pouvoir en Chine de Jean-Luc Domenach publiés chez Fayard. Dans son livre, la démographe Isabelle Attané considère que la principale entrave au développement économique du pays est la démographie et elle estime que dans une trentaine d’année la Chine risque de perdre son rang de puissance économique. Dans le sien, Jean-Luc Domenach raconte le destin des enfants des leaders révolutionnaires, qui – pour leur sécurité – ont été envoyés en URSS.
Le troisième livre, Femmes de dictateur de Diane Ducret, a également été retiré de la vente lors de la foire au motif qu’un chapitre traite de l’ex-président Mao. Ce livre est pourtant disponible depuis 2011 dans le catalogue de plusieurs éditeurs chinois.
Côté américain, un ouvrage autorité, When Newark had a Chinatown, de Yoland Skeete-Laessig a été retiré car, selon les autorités, la carte de la Chine figurant sur la couverture de l’ouvrage n’inclue ni Taiwan, ni les mers du sud revendiquées par le pays.

D’après des articles du Magazine littéraire.

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