16 juin 1944 : mort de l’historien Marc Bloch

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L’historien et résistant Marc Bloch a été assassiné par les Allemands le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (Ain), en même temps que 29 autres résistants.
En 1940, il participa comme capitaine à la bataille de France. Il analysa les causes de la débâcle de 1940 dans son livre posthume, L’étrange défaite.
Du fait de la politique antisémite de Vichy, il fut d’abord exclu de l’université avant que l’historien Carcopino ne le rétablisse dans ses fonctions, à Clermont puis à Montpellier.
Marc Bloch s’engagea dans la Résistance et devint un des dirigeants du mouvement Franc-Tireur, ce qui lui valu d’être arrêté et exécuté.
Voici ce qu’il a écrit sur ses origines et qui amène encore à réfléchir :
« Je suis Juif, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n’en tire ni orgueil ni honte, étant, je l’espère, assez bon historien pour n’ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité particulièrement flagrante, lorsqu’elle prétend s’appliquer, comme ici, à ce qui fut, en réalité, un groupe de croyants, recrutés, jadis, dans tout le monde méditerranéen, turco-khazar et slave.
Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d’un antisémite.
Mais peut-être les personnes qui s’opposeront à mon témoignage chercheront-elles à le ruiner en me traitant de « métèque ». Je leur répondrai, sans plus, que mon arrière-grand-père fut soldat, en 1793; que mon père en 1870, servit dans Strasbourg assiégé ; que mes deux oncles et lui quittèrent volontairement leur Alsace natale, après son annexion au IIeme Reich; que j’ai été élevé dans le culte de ces traditions patriotiques, dont les Israélites de l’exode alsacien furent toujours les plus fervents mainteneurs; que la France, enfin, dont certains conspireraient volontiers à m’expulser aujourd’hui et peut-être (qui sait?) y réussiront, demeurera, quoi qu’il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur . J’y suis né, j’ ai bu aux sources de sa culture, j’ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel, et je me suis efforcé, à mon tour, de la défendre de mon mieux ».
L’étrange défaite, I, p 31

Merci au blog Clioweb pour ce rappel.

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