23h57

DoomsdayClockWatchmen

Le rapport « Global Catastrophic Risks 2016 » (en anglais), recense des catastrophes de grande envergure qui, selon la définition retenue dans cette synthèse, provoqueraient la mort d’au moins un dixième de la population humaine mondiale, soit 740 millions de décès.
Dans l’histoire récente de l’humanité, aucun cataclysme n’a franchi ce cap symbolique des 10 % de tués. La dernière fois que nous nous en sommes approchés, c’était en 1917 – 1918 avec la première guerre mondiale et la grippe espagnole. Pour dépasser cette barre des 10 %, il faut remonter aux deux grandes épidémies de peste : la peste dite de Justinien au VIe siècle et la peste noire du XIVe siècle.
La liste des catastrophes qui nous menacent selon le rapport commence par le réchauffement climatique et la bombe atomique.
Dans le premier cas, les auteurs rappellent que, d’après les modèles, le risque n’est pas nul de voir la machine climatique s’emballer et tomber dans un cercle vicieux, par exemple si la fonte du pergélisol entraîne le relargage du méthane qui y est prisonnier et qui est un gaz à effet de serre (GES) plus puissant que le CO2… Il n’est ainsi pas impossible d’arriver, à la fin de ce siècle, à une augmentation moyenne de la température de 6 ºC avec pour conséquences l’augmentation de la mortalité directement imputable aux canicules et aux phénomènes météorologiques extrêmes, la rupture des systèmes alimentaires, les risques de perte des moyens de subsistance et de revenus dans les régions rurales en raison d’un accès insuffisant à l’eau potable et à l’eau d’irrigation, etc.
Quant à la bombe atomique, il restait en 2014 encore 10 000 ogives dans le monde selon le rapport, avec tous les risques que cela comporte en cas de conflit ou de détournement pas des groupes terroristes.
Dans la liste vient ensuite le risque de pandémie naturelle, par exemple avec une mutation du virus de la grippe aviaire H5N1 qui lui permettrait de se transmettre facilement entre humains. Le rapport rappelle que, selon le National Risk Register du Royaume-Uni, il y a entre 5 et 50 % de risques qu’une pandémie tue 1 % de la population britannique dans les cinq ans à venir.
Autres catastrophes de ce catalogue : l’éruption d’un supervolcan (la dernière, qui a eu lieu en Indonésie, remonte à 26 000 ans) qui projetterait dans l’atmosphère une quantité considérable de particules – provoquant l’équivalent d’un hiver nucléaire avec des conséquences graves sur les cultures mondiales –, et la collision de la Terre avec un astéroïde (ou une comète) de belle taille. La probabilité pour qu’une telle collision se produise au cours d’un siècle est évaluée à une chance sur 1250.
Enfin il y a les risques dits émergents. Il s’agit de risques qui, il y a encore quelques décennies, restaient du domaine de la science-fiction mais qui, avec l’avancée de la science et des technologies, sont passés dans le domaine du possible. Ainsi, la possibilité d’éditer voire de fabriquer des gènes, fait-elle apparaître le danger de voir des groupes terroristes ou des Etats mal intentionnés créer ou recréer des agents pathogènes à la fois létaux et contagieux. Les auteurs du rapport Global Catastrophic Risks 2016 évoquent également les inconnues liées au développement de l’intelligence artificielle, à laquelle nous allons confier de plus en plus de tâches.
L’année prochaine, en 2017, l’horloge de la fin du monde fêtera ses 70 ans. Depuis 1947, elle symbolise les plus ou moins grands risques de catastrophe globale (nucléaires, environnementaux, technologiques) qui pèsent sur l’humanité. Minuit représente l’irruption d’une de ces catastrophes et, régulièrement, le Bulletin des scientifiques atomistes de l’université de Chicago avance ou recule l’aiguille des minutes en fonction du contexte international.

Doomsday_Clock_graph

En 1947, au moment de la création de l’horloge, il était 23 h 53. Avec la guerre froide, il a rapidement été 23 h 58. Puis, quand l’Union soviétique s’est disloquée, la tension nucléaire s’est relâchée et l’heure a reculé jusqu’à 23 h 43. Mais depuis plusieurs années, l’aiguille se rapproche de minuit, notamment en raison de l’incapacité notoire de la communauté internationale à gérer le réchauffement climatique. Depuis 2015, à cette horloge, il est 23 h 57.

D’après un article du blog Passeur de science.

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