Retour sur le séisme au Japon

Le quotidien La Croix a posé des questions au directeur de l’Institut de physique du globe de Paris, Yann Klinger, au sujet des tremblements de terre au Japon. Ses réponses peuvent intéresser les cinquièmes qui travaillent sur les risques majeurs et l’inégalité face aux risques.

La Croix  : Le Japon subit chaque année, en moyenne, 20 % des forts séismes recensés dans le monde. Comment la population peut-elle réagir ?

«  Le Japon fait partie de cette ceinture pacifique, appelée la ceinture de feu, qui est très touchée par les tremblements de terre. Comme en Californie, les habitants y sont entraînés à réagir en cas de séisme. C’est une énorme différence avec, par exemple, la Côte d’Azur, qui est une autre zone à risques.

À l’annonce d’un séisme, les Japonais savent comment se comporter. Ils tentent de se protéger sous les tables, par exemple. En Californie, où j’ai habité, les écoliers ont un entraînement une fois par mois pour apprendre à réagir. Cela donne les bons réflexes.

Lors du séisme qui a touché le Japon en 2011, il était frappant de voir que les gens n’étaient pas affolés. Ils étaient disciplinés, laissaient leurs affaires là où il fallait. Cette obéissance civile est nourrie par les nombreux musées sur les tremblements de terre. Ils prouvent combien ces phénomènes sont liés à l’histoire du pays. »

La Croix : Comment les autorités japonaises arrivent-elles à limiter le nombre de morts ?

« D’abord, la réglementation prévoit d’accrocher le plus d’objets possible pour éviter les chutes. Dans les magasins d’électroménager, tous les appareils en démonstration sont fixés au mur.

En outre, en cas de secousses, les catastrophes majeures sont souvent provoquées par des incendies, des fuites de gaz ou d’eau. Le séisme va secouer les lignes électriques et provoquer des courts-circuits. Au Japon, comme en Californie, il est maintenant possible de détecter le phénomène depuis son origine dans la terre, et d’envoyer immédiatement un signal à des relais automatiques qui vont couper le gaz, l’eau et l’électricité. Les ondes sismiques se déplaçant moins vite que la lumière, il est possible que les secousses atteignent la zone une fois les énergies coupées. C’est essentiel.

La difficulté tient à la qualité de l’alarme. Elle ne doit pas se déclencher en cas de faible séisme, par exemple.

D’une manière plus générale, les ingénieurs sont capables de construire des infrastructures et des bâtiments qui résistent aux secousses. Mais, tout est une question de coûts. C’est ce qui explique qu’il y ait une vraie corrélation entre le niveau de vie d’un pays et le nombre de victimes d’un séisme. Haïti est la preuve tragique de cette loi économique.« 

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