Téléphoner, un droit ignoré en Corée du Nord

En 2008, l’arrivée des téléphones portables en Corée du Nord a changé la vie des habitants, même s’il n’existe qu’un réseau national de téléphonie mobile et que les appels internationaux sont totalement bloqués. Il y a aujourd’hui plus de trois millions d’abonnés pour 25 millions d’habitants.
Pour contourner cette autarcie férocement maintenue depuis l’arrivée de Kim Jong-un au pouvoir en 2011, certains habitants ont développé des stratégies  afin de joindre leurs proches vivant à l’étranger.
Depuis les années 1990, des passeurs font entrer et sortir du matériel de contrebande provenant majoritairement de Chine. Les Coréens exilés font parvenir à leurs proches téléphones et cartes SIM dits «chinois» en versant un pot-de-vin de 500 euros aux gardes-frontières, révèle l’ONG Amnesty International dans un rapport. Les cartes SIM étrangères se vendent également au marché noir pour une somme variant autour de 15 euros, l’équivalent d’un mois d’alimentation pour une personne. Grâce à ce matériel, les Nord-Coréens peuvent contourner l’interdiction en se connectant aux réseaux mobiles du pays voisin.
Pour ne pas être repérés par les radars de la surveillance étatique, les citoyens utilisent des pseudonymes, s’isolent dans les montagnes et limitent leurs appels à cinq minutes maximum.
Les agents du régime disposent en effet de détecteurs capables de déceler une conversation illégale en quelques minutes. Ils utilisent en outre des brouilleurs de signal afin d’endiguer le phénomène d’appel vers l’étranger.
Le fait d’appeler des gens à l’étranger n’est pas illégal en soi mais le commerce privé de téléphones achetés à l’étranger est interdit. Selon les témoignages, tout citoyen pris avec du matériel illégal peut être envoyé en camp de rééducation par le travail ou en camp de prisonniers politiques pour plusieurs années.
Les télécommunications sont devenues un enjeu majeur pour le gouvernement dictatorial nord- coréen qui a mis en place une répression sévère. La peine sera d’autant plus lourde si l’inculpé a contacté une personne en Corée du Nord ou dans un des pays dits «ennemis».

D’après un article du Figaro.fr

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