Une très sale guerre

A 75 kilomètres au sud-ouest de Rakka, la capitale syrienne de l’organisation Etat islamique (EI), le « champ » de gaz de Twinan et son usine attenante ont été étrangement épargnés par les bombardements et les combats qui ravagent le pays. C’est que jusque-là, le complexe a bénéficié de la bienveillance intéressée des autres belligérants : l’installation a été en effet au cœur d’un accord impliquant les djihadistes de l’EI, le régime syrien et la société russe Stroytransgaz.
Celle-ci, épaulée par une société syrienne, Hesco, aménagea le site de 2007 à 2013, date à laquelle la région passa sous contrôle rebelle, ce qui interrompit les travaux. Hesco se serait alors fait verser 120 millions d’euros en guise de dédommagement par le ministère syrien de l’énergie.
En 2014, L’EI s’empara à son tour de la région, ce qui a eu une conséquence pour le moins surprenante : les travaux reprirent et s’achevèrent au tournant de l’année 2014-2015.
Les négociations entre l’EI, le régime syrien et Hesco débutèrent très rapidement, début 2015. Le diwan Al-Rakaz, l’administration chargée de l’exploitation des richesses du sous-sol pour l’EI fixa un loyer de 15 millions de lires syriennes (72 000 euros) mensuel en contrepartie de la « protection » des installations, auxquels s’ajoutent des taxes dont l’EI s’est fait une spécialité. Ainsi, des employés chrétiens se sont vu imposer « 24 grammes or en guise de jizya [l’impôt dû par les non-musulmans], payés par Hesco.
Après deux mois de négociations, les deux parties convinrent finalement de se partager la production de la centrale électrique d’Alep, alors contrôlée par l’EI et alimentée par le gaz de Twinan : 50 mégawatts allant au régime et 70 mégawatts à l’organisation djihadiste. Selon certains calculs, l’opération permettrait à l’EI d’engranger 120 000 dollars par jour.
Les opérations militaires et les difficultés d’approvisionnement en pièces détachées ont fini cependant par faire plonger la production, et les deux camps s’opposent désormais sur la question du partage de la production, l’EI refusant de livrer du gaz à d’autres centrales électriques contrôlées par le régime.

D’après un article du Monde.fr

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