Une découverte archéologique attestant de la présence des musulmans sur le territoire français au VIIe siècle

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Les trois tombes découvertes (© Patrice Pliskine, Inrap)

Des chercheurs de l’INRAP ont mis au jour trois sépultures musulmanes à Nîmes. La découverte a eu lieu au cours d’un chantier de fouilles  précédant la construction d’un parking souterrain, en 2006-2007.
Ces tombes ont été datées entre les VIIe et IXe siècles, il s’agit donc des plus anciennes sépultures musulmanes découvertes en France. Elle font partie d’un groupe de vingt sépultures découvertes, dont les dates s’étalent du VIIe au XVIe siècles.
Ces trois sépultures se distinguaient des autres par la position des corps, déposés sur le côté droit et le visage orienté vers le sud-est, vers la Mecque. Dans deux sépultures, la forme du creusement des fosses présente un surcreusement latéral qui  évoque un dispositif de la tradition musulmane.
L’origine des trois individus a pu être déterminée par des analyses paléo -génétiques : ils seraient nord-africains par leur lignée paternelle. Il pourrait alors s’agir de soldats berbères, enrôlés dans l’armée omeyyade pendant l’expansion arabe en Afrique du Nord.
Si la présence musulmane en Espagne au VIIe siècle est attestée par de nombreuses traces archéologiques, on ne disposait pas de preuves matérielles de leur présence en France à cette époque-là (il y a par contre des tombes musulmanes du XIIe siècle à Marseille et à Montpellier). Ces sépultures recoupent en cela une source historique, la Chronique de Moissac qui attestent de la présence musulmane à Nîmes dès 720.
Mais la découverte de ces sépultures soulève aussi la question de l’existence d’une communauté musulmane. Ces trois hommes ont en effet été enterrés par d’autres qui connaissaient parfaitement le rite musulman, ce qui signifie qu’il y avait au moins un petit groupe, qui est resté quelques années à Nîmes, puisque certains y sont morts et que d’autres étaient là pour les enterrer.
La place des tombes, retrouvées à l’intérieur de la ville antique, près d’un chemin médiéval et à une dizaine de mètres de tombes chrétiennes tendrait à montrer qu’un rapport de cohabitation a pu s’instaurer entre les arabes musulmans et la population locale au VIIe siècle

D’après un article du site de ‘INRAP

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