Une charge contre la classe inversée

Un inspecteur de l’Education national publie sur un blog de Médiapart
une lecture très critique du dispositif de la classe inversée.
C’est long et fastidieux à lire alors même que l’introduction devrait nous en dissuader :
« Au dire de certains, la classe inversée constituerait une révolution pédagogique. Elle ferait renaître la motivation d’élèves s’ennuyant dans la classe « traditionnelle », permettrait une différenciation favorable à une meilleure réussite des élèves en difficulté, tout en offrant à tous d’être « acteurs de leurs apprentissages et producteurs de leur savoirs ».
Que penser d’un argumentaire qui reste aussi flou ? Qui sont ces « certains » ? Certains, cela ne veut pas dire tous.
Je suis pourtant d’accord avec son auteur, le dispositif de la classe inversée ne résout pas tout, loin de là. Il ne fonctionne pas pour tous les élèves soit pour des raisons cognitives tous les élèves n’ont pas une mémoire visuelle) ou pour des raisons pratiques (très peu d’élève manipulent en réalité correctement l’outil informatique) et sociales (certains élèves n’ont pas accès au numérique).
Est-il toutefois raisonnable et sérieux de dire que la classe inversée sera pour le ministère le dispositif ultime de la réforme du collège ? Ce n’est aucunement ce qui est écrit dans les textes, il me semble.
Cette querelle des anciens et des modernes, alors que l’utilisation de la vidéo en classe date des années 1960 il me semble, est absurde et permet surtout à chaque camps de ne pas réfléchir.
Il faut trouver les moyens de faire progresser la plus grande majorité des élèves et ce par tous les moyens. Il n’en n’existe à mon avis pas de mauvais, à la condition qu’ils s’adaptent vraiment aux besoins des élèves et qu’ils aient été pensé par le professeur .
Si la classe inversée peut aider trois ou quatre élèves dans une classe, pourquoi s’en priver ? Si pour d’autres c’est le travail libre à la Freinet, pourquoi pas ? Et si le cours magistral réussit à certains, alors faisons le ! Chaque élève devrait trouver dans les cours le moyen d’apprendre, à son rythme et à sa manière, à la condition qu’il le veuille vraiment, ce qui reste pour moi le noeud du problème : Comment donner à boire à un cheval quand il n’a pas soif ?
Avant de jeter un outil à la poubelle ou de le porter aux nues, posons – nous les questions utiles : pourquoi les élèves devraient-ils apprendre ? Qu’est-ce que les élèves doivent apprendre ? Et comment pourront-ils l’apprendre ?
Bref, donner du sens à l’école, pour tous ses acteurs.

Je redonne ci-dessous une vidéo sur Freinet dont je continue de penser qu’il devrait inspirer le secondaire comme il a, depuis un moment déjà, inspiré le travail en primaire. Et il n’y a rien d’innovant là-dedans aujourd’hui, juste de l’évident.

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