L’épopée de Gilgamesh en Sumérien

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L’une des tablettes relatant l’histoire de Gilgamesh

L’œuvre appelée l’ épopée de Gilgamesh se présente en une série de tablettes d’argile sur lesquelles furent gravées il y a plus de 3000 ans, en cunéiforme, les aventures légendaires d’un roi mésopotamien.
Il s’agit de la première œuvre littéraire connue, transmise par le premier système d’écriture inventé vers le début du IVe millénaire avant Jésus-Christ par les Sumériens, au sud de l’Irak actuel.
La rédaction du texte de l’Épopée s’est étendue sur deux millénaires. La légende s’est d’abord développée oralement à partir des exploits d’un roi d’Uruk divinisé après sa mort, et elle a donné lieu à de brefs récits indépendants, rédigés en sumérien, vers 2300 avant J.-C. Ces épisodes ont ensuite connu bien des variantes et des remaniements : dans le royaume de Babylone, une deuxième version en akkadien, dite « ancienne », est écrite au XVIIIe siècle av. J.-C. à partir de ces récits antérieurs, avant la version unifiée la plus complète que nous connaissions, qui est celle que nous pouvons lire aujourd’hui.
Attribuée à un certain Sînleqe’unnennî, ce récit se compose de onze tablettes rédigées au début du IIe millénaire av. J.-C. et retrouvées dans la bibliothèque du roi assyrien Assurbanipal, à Ninive. Une douzième tablette a été ajouté quelques siècles plus tard,introduisant un épisode supplémentaire. L’ensemble de l’Épopée est un long récit de près de 3000 vers, rédigé en akkadien.
Au début de l’épopée, le poète invite le lecteur à déchiffrer, sur une tablette de lapis-lazuli enfermée dans un coffre, le récit des aventures de Gilgamesh, qui auraient été rédigées par le héros lui-même. Le texte est placé dans le Temple du Ciel d’Uruk dédié à la déesse Ishtar. L’épopée s’ouvre et se clôt sur une invitation à admirer les immenses murailles qui entourent la ville d’Uruk, érigées par Gilgamesh.
Souverain d’Uruk, Gilgamesh est né de parents illustres qui le rendent « aux deux-tiers divin ». Tyrannique avec les hommes et les femmes de son peuple, il abuse de sa force et son pouvoir, ce qui entraîne une réaction divine. Les dieux cherchent une solution aux plaintes des habitants d’Uruk et décident de créer un adversaire à sa taille pour le modérer : Enkidu, la « créature d’Enki ».À l’inverse du roi d’Uruk qui devient de plus en plus en sauvage, Enkidu vit d’abord seul parmi les bêtes avant d’être initié à l’amour et progressivement conduit vers la ville et la civilisation. C’est de son combat contre Gilgamesh, sans vainqueur ni vaincu, que va naître leur alliance.
Devenus inséparables, Gilgamesh et Enkidu décident alors de partir à l’aventure pour montrer à tous leur vaillance en partant vers des territoires interdits pour terrasser des monstres. Lors de leur expédition pour rapporter le bois précieux de la Forêt des Cèdres au Liban, ils affrontent par exemple le géant terrifiant Humbaba, qu’ils parviennent à tuer.
À son retour, Gilgamesh auréolé de gloire est courtisé par la déesse Ishtar qui lui propose de s’unir à elle. Il refuse, se rappelant sa cruauté envers ses amants. Furieuse, la déesse réclame alors au père des dieux, Anu, le Taureau céleste pour vaincre Gilgamesh. Les deux amis, unissant leurs forces, triomphent cependant à nouveau et sauvent même Uruk de la destruction. Mais ils sont allés trop loin. Enkidu en particulier qui, au lieu d’assagir Gilgamesh, a encouragé sa démesure. C’est aussi lui qui a refusé d’épargner Humbaba, le Gardien de la Forêt des Cèdres installé par le dieu Enlil ; c’est encore lui qui jette à la figure d’Ishtar un membre du Taureau céleste qu’elle avait envoyé contre Gilgamesh. Enkidu est donc châtié par les dieux, qui le font mourir.
Après la disparition de son compagnon, Gilgamesh, désespéré et angoissé par la mort, fuit son royaume et la civilisation en parcourant seul le désert et en se revêtant d’une simple peau de bête. Il part à la conquête du secret de la vie éternelle.
Gilgamesh utilise désormais moins la force que la persuasion face aux terrifiants Hommes-Scorpions qui gardent les montagnes ou face à la tavernière Siduri devant la mer, et enfin face à Ur-Sanabi, le passeur. Tous mettent cependant en garde le héros : personne ne s’est jamais aventuré dans le chemin obscur derrière les montagnes, nul n’a jamais traversé la mer terminée par des eaux mortelles.
Le héros, après de nombreuses épreuves, parvient enfin au bout du monde, sur l’île d’Ut-Napishtim l’immortel. C’est de lui, survivant du Déluge, que Gilgamesh apprend le secret des origines de l’humanité, presque entièrement noyée un jour par la décision des dieux. Un bateau contenant la famille d’Ut-Napishtim, des artisans de tous les métiers et des spécimens de tous les animaux a permis à la civilisation humaine de renaître après le désastre. Apaisés après le cataclysme, les dieux ont offert exceptionnellement l’immortalité à Ut-Napishtim et sa femme.
Ut-Napishtim, après lui avoir livré le secret de la plante de jouvence, renvoie alors Gilgamesh, en le débarrassant de sa tenue de vagabond et l’invite à abandonner son errance et à rentrer dans son royaume.
Sur le chemin du retour, Gilgamesh perd tout espoir de prolonger sa vie grâce à la plante merveilleuse car un serpent la lui vole et l’emporte.
Rentrant chez lui, Gilgamesh est enfin devenu un sage, qui a pris conscience de ses limites en s’acceptant mortel.
Ci-dessous, vous pourrez entendre les premiers vers de l’épopée chantés en Sumérien et accompagnés par un luth à manche long.

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