«  On nous oubliera, le temps inexorable fera son œuvre, les soldats mourront une seconde fois.  » (Roland Dorgelès)

L’association « Le Souvenir français » tente de recenser les tombes des soldats morts en 1914-1918 et dispersés dans les cimetières des 36 000 communes françaises. Nombre de sépultures sont en effet menacées de disparaître, quand elles n’ont pas déjà disparu, faute d’entretien et d’héritiers pour en assurer la pérennité.
la Grande guerre a été la première où le soldat a été considéré comme un individu, un être à part entière. Jusqu’alors, les militaires tués au combat étaient le plus souvent jetés, puis oubliés, dans des fosses communes, avec pour les plus chanceux l’aumône d’un monument collectif rappelant leur sacrifice. Il en était encore ainsi en 1914, au début des hostilités. Les morts étaient enterrées à la va-vite, au gré de la guerre de mouvement, à l’exemple de l’écrivain Alain-Fournier, mort le 22 septembre  1914 et retrouvé en 1991 dans l’anonymat d’une fosse commune avec vingt camarades.
Mais très vite, un appel à la dignité des morts s’est élevé des rangs, relayé par l’opinion publique puis les politiques. Il aboutit à deux lois en 1915. La première, du 2 juillet, créait la mention « mort pour la France », comme une reconnaissance de dette de la nation. La seconde, adoptée le 29 décembre 1915, accordait aux poilus « le droit à une sépulture perpétuelle aux frais de l’Etat ».
La grande majorité du 1,4 million de morts français fut donc regroupée dans les 265 nécropoles nationales, qui rassemblent 740 000 corps. Ces alignements de tombes font désormais partie du paysage dans l’est et le nord de la France. Leur entretien incombe à l’Etat, au ministère de la défense, par l’intermédiaire de l’Office national des anciens combattants.
Mais, à la demande de certaines familles, les corps de 240 000 soldats français leur furent restitués après la guerre. Ils furent enterrés dans les cimetières communaux. Soit regroupés dans des petits carrés militaires (il en existe 3200 sur le territoire). Soit inhumés près des leurs. C’est pour ces tombes que Le Souvenir français veut agir aujourd’hui. Même les concessions accordées à perpétuité – le plus courant à l’époque – n’accordent en effet aucune garantie d’éternité. Les communes peuvent les récupérer après cinquante ans pour les soldats tués au combat. Dans la pratique, du moins pour les petites communes qui ont moins le souci de la place que les grandes villes, les municipalités attendent souvent cent ans avant de libérer l’espace. Et c’est ainsi que les tombes des soldats de la première guerre se retrouvent actuellement menacées.

D’après un article du Monde.fr

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