Un exemple de développement durable : la transformation du Typha en charbon en Mauritanie

Depuis la mise en service en 1986 du barrage anti-sel de Diama à 27 km de l’embouchure du fleuve Sénégal, le Typha a trouvé un terrain d’eau douce propice à sa prolifération. Cette plante qui se développe depuis les rives et s’étale sur le fleuve, progresse depuis d’année en année. Elle étend aujourd’hui son tapis vert sur 130 km en amont de l’embouchure.
Cette plante néfaste bouleverse tout l’écosystème du delta, changeant la qualité de l’eau, absorbant oxygène et lumière et empêchant ainsi la pousse d’autres plantes. Mais elle perturbe aussi toute l’activité économique de la région, réduisant les zones de productions agricoles et piscicoles, obstruant les couloirs de navigation et les canaux d’irrigation, restreignant l’eau vive pour abreuver leurs animaux… Et comme le Typha entraîne la stagnation de l’eau, il favorise la prolifération de moustiques et des parasites et donc des maladies comme le paludisme.
On a beau la couper, l’arracher, le brûler, il n’existe aucune méthode vraiment efficace pour se débarrasser de cette plante qui repousse sans cesse. Faute de pouvoir l’éradiquer, des scientifiques et des ONG ont cherché à la valoriser. Le projet, financé par la communauté européenne, a conçu une méthode de conversion de cette biomasse en bio-charbon comme alternative au charbon de bois.
La transformation du Typha offre ainsi une ressource énergétique renouvelable permettant de lutter contre la déforestation et d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre. Si toute production et consommation de charbon émet en effet du carbone dans l’atmosphère, le CO2 émis par le charbon de Typha est recapté en grande partie par la plante qui repousse très vite, à la différence du charbon de bois qui émet des gaz non réassimilés par l’environnement et conduit à la déforestation. Une tonne de charbon de Typha permet ainsi d’économiser 7 tonnes de CO2, par rapport à du charbon de bois.
L’impact de cette action est aussi économique. En régulant son envahissement dans les zones où vivent les populations, la coupe du Typha favorise un retour à la normal des activités agricoles et piscicoles. De la coupe à la commercialisation en passant par la transformation, cette solution d’énergie renouvelable produite localement crée aussi de l’activité qui génère des revenus complémentaires pour les ménages. Depuis 2012, huit unités de production artisanale ont été installées dans la région de Rosso, en Mauritanie. D’une capacité de production chacune de 1,5 tonne par mois, leur gestion est assurée par les villageois. Les hommes se chargent de la coupe du Typha, et les femmes, organisées en coopérative, de la transformation et la commercialisation.
Le Typha est séché, puis carbonisé pour devenir de la poussière de charbon qui sera mélangée avec de l’argile puis pressée et agglomérée sous forme de briquettes prêtes à la vente. Enfin, ce combustible domestique coûte moins cher que le charbon de bois, le charbon de Typha se consumant plus lentement et étant donc plus économique.

D’après un article du Monde.fr

Chouette, j’ai mon activité pour le cours de géographie de cinquième, demain !

etude de cas Typha

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