Un Anglais dans la Révolution

Pages de VANDERPOOTEN_Michel_Arthur_Young

Arthur Young était le fils d’un grand propriétaire terrien dans le Suffolk, né en 1741. Il fréquenta très tôt les réunions politiques et s’orienta tout d’abord vers le journalisme : il était âgé d’à peine 20 ans quand il créa à Londres son premier journal. Mais c’est dans l’agriculture qu’il se décida à faire carrière. Adepte de l’enclosure et des grandes exploitations, fervent défenseur de l’expérimentation, il était convaincu de la nécessité d’adopter des méthodes agricoles innovantes. Agronome passionné, curieux des techniques pratiquées dans d’autres régions ou dans d’autres pays, il entrepris plusieurs voyages qui le conduisirent à sillonner l’Angleterre, l’Irlande, le Pays de Galles, mais aussi la France, l’Italie et l’Espagne.
Young publia bon nombre d’articles et d’ouvrages techniques qui lui conférèrent une notoriété certaine dans toute l’Europe, et qui lui valut de devenir membre de la Royal Society. Il édita, entre 1784 et 1809, les 45 volumes des « Annales de l’Agriculture ». En 1793, il fut nommé par le gouvernement secrétaire du Conseil de l’Agriculture.
Entre 1787 et 1790, Arthur Young entreprit trois voyages en France dont il fit un livre publié en 1792. En voici quelques extraits pour les années 1787 et 1789.

17 octobre 1787 :
« Dîné aujourd’hui avec une compagnie dont la conversation fut entièrement politique. Dans toute l’assemblée, l’opinion prévalait qu’on est à la veille d’une grande révolution dans le gouvernement, que tout le manifeste, avec un déficit impossible à combler sans les états généraux du royaume; aucune idée précise sur ce que serait le résultat de leur réunion; aucun ministre, aucune personnalité au gouvernement ou non, qui ait les talents nécessaires pour trouver d’autres remèdes que des palliatifs; sur le trône, un prince animé d’excellentes intentions, mais dépourvu des ressources intellectuelles nécessaires pour gouverner lui-même en un tel moment; une cour abîmée dans les plaisirs et la dépravations, aggravant la détresse au lieu de se consacrer à chercher une position plus indépendante; une grande fermentation dans tous les rangs de la société, avides de changements sans savoir que chercher ou que désirer; un grand levain de liberté, qui s’accroît d’heure en heure après la révolution américaine: tout cela forme une conjoncture qui annonce une grande fermentation et agitation… »

18 juin 1789 à Paris :
« Hier, en conséquence de la motion amendée de l’abbé Sieyès, les communes ont décrété : qu’elles prendraient le titre d’Assemblée nationale ; que se considérant comme en activité, toutes taxes étaient illégales, mais que leur levée serait accordée pour le temps de la session ; qu’enfin elles procéderaient sans délai à la consolidation de la dette et au soulagement de la misère du peuple. Ces mesures donnent bon espoir aux partisans extrêmes d’une nouvelle constitution ; mais je vois évidemment, parmi les personnes de sens plus rassis, une grande appréhension que cette démarche n’ait été trop précipitée. C’est une violence dont la cour peut se saisir comme prétexte et tourner au préjudice du peuple. »

20 juin 1789 à Paris :
« Des nouvelles ! des nouvelles ! Chacun s’étonne de ce qu’il aurait dû s’attendre à voir arriver : un message du roi aux présidents des trois ordres, les prévenant qu’il les réunirait lundi, et des gardes françaises, avec la baïonnette au bout du fusil, placées à chaque porte de la salle des états pour empêcher qui que ce soit d’entrer, sous prétexte des préparatifs pour la séance royale. La manière dont s’est exécuté cet acte de violence mal inspiré a été aussi mal inspirée que l’acte lui-même. M. Bailly n’avait reçu d’autre avertissement qu’une lettre du marquis de Brézé, et les députés se réunirent à la porte de la salle sans savoir qu’elle fût fermée. On ajouta ainsi, de gaieté de coeur, des formes provoquantes à une mesure suffisamment odieuse et inconstitutionnelle par elle-même. On prit sur les lieux une noble et ferme résolution : ce fut de se transporter immédiatement au Jeu de Paume, et là l’assemblée tout entière s’engagea, par serment, de ne se séparer que de son propre mouvement, et de se considérer et d’agir comme Assemblée nationale partout où la violence et les hasards de la fortune pourraient la chasser ; les prévisions étaient si menaçantes, que des exprès furent envoyés à Nantes annonçant la nécessité où se verrait peut-être l’assemblée de chercher un refuge dans quelque ville éloignée. Ce message et la fermeture de la salle des états sont le résultat de conciliabules très longs et très fréquents tenus en présence du roi, à Marly, où il a été plusieurs jours sans voir personne, et où l’on n’admettait, même les officiers de la cour, qu’avec un soin et une circonspection extrêmes. Les frères du roi n’ont pas place au conseil ; mais le comte d’Artois suit sans cesse les délibérations et en fait part à la reine dans de longues conférences qu’ils ont ensemble. A la réception de ces nouvelles à Paris, le Palais-Royal fut en feu : les cafés, les magasins de brochures, les galeries et les jardins étaient remplis par la foule ; l’inquiétude se voyait dans tous les yeux ; les bruits que l’on faisait courir prêtant à la cour des intentions de la dernière violence, comme si elle avait résolu d’anéantir tout ce qui, en France n’appartenait pas au parti de la reine, étaient d’une absurdité incroyable ; mais rien n’était trop ridicule pour la foi aveugle de la populace. Il était cependant curieux de voir, parmi les personnes de classe plus élevée ( car je fis plusieurs visites après l’arrivée de ces nouvelles ), l’opinion reprocher à l’Assemblée nationale ( comme elle s’appelait ) d’avoir été trop loin, d’avoir avec trop de précipitation, de violence, adopté des mesures que la masse du peuple ne soutiendrait pas. Nous pouvons conclure de là que si la cour, instruite de ces dernières démarches, poursuit un plan ferme et habile, la cause populaire aura peu de raisons de s’en louer. »

20 juillet 1789 :
« Arrivé à Strasbourg, en traversant une des plus belles scènes de fertilité et de bonne culture que l’on puisse voir en France ; elle n’a de rivale que la Flandre, qui la surpasse cependant. Mon entrée à un moment critique pensa me faire casser le cou ; un détachement de cavalerie sonnant ses trompettes d’un côté, un autre d’infanterie battant ses tambours de l’autre, et les acclamations de la foule, effrayèrent tellement ma jument française, que j’eus peine à l’empêcher de fouler aux pieds Messieurs du tiers état. En arrivant à l’hôtel, j’ai appris les nouvelles intéressantes de la révolte de Paris : la réunion des gardes françaises au peuple, le peu de confiance qu’inspiraient les autres troupes, la prise de la Bastille, l’institution de la milice bourgeoise, en un mot le renversement complet de l’ancien gouvernement. Tout étant décidé à cette heure, le royaume entièrement aux mains de l’Assemblée, elle peut procéder comme elle l’entend à une nouvelle constitution ; ce sera un grand spectacle pour le monde à contempler dans ce siècle de lumières, que les représentants de vingt-cinq millions d’hommes, délibérant sur la formation d’un édifice de libertés comme l’Europe n’en connaît pas encore. Nous verrons maintenant s’ils copieront la constitution anglaise en la corrigeant, ou si, emportés par les théories, ils ne feront qu’une oeuvre de spéculation : dans le premier cas, leurs travaux seront un bienfait pour la France ; dans le second, ils la jetteront dans les désordres inextricables des guerres civiles, qui, pour se faire attendre, n’en viendront pas moins sûrement. On ne dit pas qu’ils s’éloignent de Versailles ; en y restant sous le contrôle d’une foule armée, il faudra qu’ils travaillent pour elle ; j’espère donc qu’ils se rendront dans quelque ville du centre, Tours, Blois ou Orléans, afin que leurs délibérations soient libres. Mais Paris propage son esprit de révolte, il est ici déjà : ces troupes qui ont manqué me jouer un si mauvais tour sont placées pour surveiller le peuple, que l’on soupçonne. On a déjà brisé les vitres de quelques magistrats peu aimés, et une grande foule est assemblée qui demande à grands cris la viande à 5 sols la livre. Il y a parmi eux un cri qui les mènent loin : Point d’impôts et vivent les états.« 

30 août 1789, du côté de Fontaine de Vaucluse :
« J’avais oublié de remarquer que, depuis quelques jours, j’ai été ennuyé par la foule de paysans qui chassent. On dirait qu’il n’y a pas un fusil rouillé en Provence qui ne soit à l’oeuvre, détruisant toute espèce d’oiseaux. Les bourres ont sifflé cinq ou six fois à mes oreilles, ou sont tombées dans ma voiture. L’Assemblée nationale a déclaré chacun libre de chasser le gibier sur ses terres, et en publiant cette déclaration absurde telle qu’elle est, bien que sage en principe, parce qu’aucun règlement n’assure ce droit à qui il appartient, a rempli, me dit-on partout, la France entière d’une nuée de chasseurs insupportables. Les mêmes effets ont suivi les déclarations relatives aux dîmes, taxes, droits féodaux, etc., etc. On parle bien dans ces déclarations de compensations et d’indemnités, mais une populace ingouvernable saisit les bienfaits de l’abolition en se riant des obligations qu’elle impose. »

5 septembre 1789 à Marseille :
« Notre conversation se tourna ensuite sur l’agriculture et l’état actuel des affaires, que tous deux pensaient aller mal : ils ne craignaient rien tant qu’un gouvernement purement démocratique, une sorte de république pour un grand pays comme la France. J’avouai alors l’étonnement que j’avais ressenti tant de fois de ce que M. Necker n’ait pas assemblé les états sous une forme et avec un règlement qui auraient conduit naturellement à l’adoption de la constitution d’Angleterre, débarrassée des taches que le temps y a fait découvrir. Sur quoi M. Bertrand me donna un pamphlet qu’il avait adressé à l’abbé Raynal, dans lequel il proposait de transporter dans la constitution française certaines dispositions de celle d’Angleterre. M. l’abbé Raynal fit remarquer que la révolution d’Amérique avait amené la révolution française ; je lui dis que, s’il en résultait la liberté pour la France, cette révolution avait été un bienfait pour le monde entier, mais bien plus pour l’Angleterre que pour l’Amérique.« 

24 décembre 1789 près de Chambéri :
« Au-dessus de Mal-Taverne se trouve Châteauneuf, résidence de la comtesse de ce nom. Je fus indigné de voir au village un carcan avec une chaîne et un collier de fer, signe de l’arrogance seigneuriale de la noblesse et de la servitude du peuple. Je demandai pourquoi il n’avait pas été brûlé avec l’horreur qu’il méritait. Cette question n’excita pas la surprise comme je m’y attendais, et comme elle l’aurait fait avant la révolution française. Ceci amena une conversation dans laquelle j’appris qu’en haute Savoie il n’y a pas de seigneurs ; les gens y sont en général à leur aise, ils ont quelques petites propriétés, et, malgré la nature, la terre y est presque aussi chère que dans le pays bas, où les gens sont pauvres et malheureux. « Pourquoi ? — Parce qu’il y a partout des seigneurs. » Quel malheur que la noblesse, au lieu d’être le soutien, la bienfaitrice de ses pauvres voisins, devienne son tyran par ces exécrables droits féodaux ! N’y a-t-il donc que les révolutions qui, en brûlant ses châteaux, la force à céder à la violence ce qu’elle devrait accorder à la misère et à l’humanité ? « 

4 janvier 1790 à Paris :
« Après le déjeuner, j’ai fait un tour aux Tuileries, où se présenta le spectacle le plus extraordinaire que Français ou Anglais ait vu dans cette ville : le roi se promenant avec un ou deux officiers de sa maison et un page au milieu de six grenadiers de la garde bourgeoise. Les portes du jardin étaient fermées,par respect pour lui, afin d’en exclure toute personne qui n’a pas le titre de député ou une carte d’admission. Quand il rentra dans le palais, on les ouvrit pour tout le monde sans distinction, quoique la reine se promenât encore avec une dame de la cour. Elle aussi était escortée par des gardes françaises, et de si près, que, pour n’être pas entendue d’eux, elle devait parler à voix basse. La populace la suivait, parlant très haut et ne lui marquant d’autre respect que de lui ôter son chapeau quand elle passait ; c’est plus que je n’aurais cru. Sa Majesté ne paraît pas bien portante, elle semble affectée et sa figure en garde des traces. Le roi est aussi gras que s’il n’avait aucun souci. »
(…)
« Le spectacle de cette famille prisonnière ( car telle est sa véritable situation ) choque au premier abord ; ce serait à bon droit, si, comme je le crois, il ne le fallait pas absolument pour effectuer la révolution ; mais dans cette nécessité personne ne peut blâmer le peuple de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour assurer cette liberté saisie par la violence. Il n’y a de condamnable, dans un tel moment, que ce qui met en danger la liberté de la nation. Je dois cependant avouer ici mes doutes : je ne sais si ce traitement de la famille royale doit être regardé comme une garantie de liberté, ou si, au contraire, ce n’est pas une démarche fort périlleuse qui expose au hasard tout ce que l’on a gagné. Je me suis entretenu avec plusieurs personnes aujourd’hui, et leur ai fait part de mes appréhensions en les peignant même plus vives qu’elles ne sont en réalité, afin de connaître leur sentiment ; il est évident que l’on est à présent dans la crainte d’une contre-révolution. Grande partie de ce danger, sinon le tout, vient de la violence faite à la famille royale. »

10 janvier :
« Les chefs de l’Assemblée nationale sont : Target, Chapelier, Mirabeau,Barnave, Volney le voyageur ; jusqu’à l’attaque contre les biens du clergé, l’abbé Sieyès en était ; mais cette mesure lui a tellement déplu, qu’il ne s’avance plus autant maintenant. Les démocrates violents, qui ont la réputation d’être si républicains en principe, qu’ils n’admettent pas même la nécessité politique du nom de roi, sont appelés les enragés. Ils ont une assemblée à l’église des Jacobins, que l’on nomme le Club de la Révolution ; elle se tient chaque soir dans la même salle où fut formée la fameuse ligue sous le règne de Henri III, et ils sont si nombreux que toutes les propositions sont discutées ici avant d’être portées à l’Assemblée nationale. »

Le 12 janvier à l’Assemblée nationale :
« Suite des débats sur la conduite de la chambre des vacations au parlement de Rennes. M. l’abbé Maury, royaliste zélé, a fait un discours très long et très éloquent en faveur du parlement ; sa diction est abondante et précise, il ne se sert pas de notes. Il a répondu à ce qui avait été demandé par le comte de Mirabeau quelques jours avant, et il s’exprima avec véhémence contre son injustifiable appel du peuple de Bretagne à ce qu’il nomma un redoutable dénombrement. Mieux valait, selon lui, pour les membres de cette assemblée, passer en revue leurs principes, leurs devoirs et les fruits de leur soin à respecter des privilèges des sujets du royaume, que de provoquer un dénombrement qui livrerait au fer et au feu toute une province. Par six différentes fois, il fut obligé de s’arrêter à cause du tumulte tant des tribunes que de l’assemblée ; rien ne l’émut, il attendait froidement le retour du calme et reprenait comme si rien ne s’était passé. Son discours était très remarquable ; les royalistes l’admirèrent beaucoup, mais les enragés le condamnèrent comme au-dessous du pire. Personne autre ne parla sans notes : le comte de Clermont lut un discours où se trouvaient quelques passages brillants, mais contenant toute autre chose qu’une réponse à celui qui avait précédé ; et en vérité c’eût été merveille qu’il en fût autrement, ayant été préparé avant que l’abbé eût pris la parole.
Impossible de rendre l’ennui que ce mode de lecture donne aux séances de cette assemblée. Qui de nous voudrait rester dans les tribunes de la Chambre des communes, si M. Pitt devait apporter une réponse écrite à ce que M. Fox aurait à prononcer avant lui ? Un autre mal aussi grand qui en découle, c’est la longueur des séances, puisqu’il y a dix personnes contre une qui sera capable de parler impromptu. Le manque d’ordre, la confusion dominent comme au temps que l’Assemblée siégeait à Versailles ; les interruptions sont longues et fréquentes, et les orateurs auxquels le règlement refuse la parole ne laissent pas de la vouloir prendre. Le comte de Mirabeau demanda qu’il lui fût permis de répondre à l’abbé
Maury ; le président mit sa proposition aux voix, et la Chambre fut unanime pour la rejeter, de sorte que le premier de leurs orateurs n’a pas assez d’influence pour faire entendre ses explications. Nous n’avons pas l’idée d’un tel règlement ; cependant le grand nombre des membres rend ceci nécessaire. J’oubliais de dire qu’aux deux extrémités de la salle, il y a des tribunes entièrement publiques ; celles qui occupent les côtés ne s’ouvrent qu’aux amis des députés qui montrent des cartes : dans toutes, l’auditoire est fort bruyant, applaudit à outrance ce qui le charme, va parfois jusqu’à siffler ce qui lui déplaît, indécence incompatible avec la liberté de discussion. »

17 janvier :
« Une autre cause de grandes inquiétudes pour les chefs de la révolution, ce sont les rapports que l’on reçoit journellement des provinces, sur la misère, la faim même qui tourmentent les manufacturiers, artisans, marins ; elles prennent de plus en plus un caractère sombre et rendent d’autant plus alarmante l’idée d’efforts pour arrêter la révolution. La seule industrie encore florissante est le commerce avec les colonies sucrières, et l’idée d’émanciper les noirs, ou au moins d’en arrêter la traite ( idée venue d’Angleterre), a jeté Nantes, Bordeaux, le Havre, Marseille et les autres villes intéressées à ce commerce, quoique indirectement, dans une extrême agitation. Le comte de Mirabeau se dit sûr d’obtenir un vote qui abolisse l’esclavage ; c’est la
conversation du jour, surtout parmi les meneurs, qui disent que la révolution étant fondée sur la philosophie, et supportée par la métaphysique, un tel projet ne peut que lui convenir. Mais certainement aussi, le commerce dépend plus de la pratique que de la théorie, et les planteurs et les négociants, venus à Paris pour s’opposer à cette mesure, sont mieux préparés à montrer l’importance de leurs transactions, qu’à raisonner philosophiquement sur l’abolition de l’esclavage. Plusieurs brochures ont paru sur ce sujet dont quelques-unes méritent l’attention. »

18 janvier :
« Le soir M. Decrétot et M. Blin m’ont mené à ce club des Jacobins : la salle où il se tient est, comme je l’ai déjà dit, celle où fut signée la fameuse Ligue. Il y avait plus de cent députés présents, et le président sur son fauteuil. On me présenta à lui comme l’auteur de l’Arithmétique politique ; alors il se leva, répéta mon nom à l’assemblée, en demandant s’il éveillait quelques objections : « Aucune. »
Voilà toute la cérémonie, non pas seulement de présentation, mais même d’élection : car on me dit qu’à présent je puis toujours être admis en ma qualité d’étranger. On procéda ainsi à dix ou douze autres élections. On débat dans ce club toute question qui doit être portée à l’Assemblée nationale, on y lit les projets de lois, qui sont rejetés ou approuvés après correction. Quand ils ont obtenu l’assentiment général, tout le parti s’engage à les soutenir. On y arrête des plans de conduite, on y élit les personnes qui devront faire partie des comités, on y nomme des présidents pour l’assemblée. »

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