Quelle histoire pour « faire France » en sixième et cinquième ?

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Ma lecture de la deuxième partie du livre de Dominique Borne, Quelle histoire pour la France ?, m’a donnée quelques idées pour aborder les programmes en attendant leur refonte prochaine.

Il évoque plusieurs moments / lieux / documents fondateurs de l’histoire du pays à titre d’exemples, dont certains sont déjà dans les programmes ou les manuels. Ce que je propose ici est d’utiliser sa réflexion pour infléchir les programmes actuels en réintroduisant la France comme objet d’étude en tant que tel.

En sixième :

Il propose par exemple de commencer par l’étude de la fondation et du développement de Marseille, colonie grecque de Phocée. Il s’agirait de montrer que dès le départ, la France est le résultat d’un croisement de peuples et de civilisations.
Cette étude est intégralement possible dans le cadre du programme actuel : Massalia peut être pris comme exemple de fondation de cité et on peut aborder le sanctuaire de Delphes par la fondation par les Massaliètes du Trésor dédié à Athéna dans le sanctuaire panhellénique vers 500 avant J.C.
De même, il est possible de choisir Pythéas l’astronome et ses explorations comme savant grec à étudier.
Il invite à croiser cette étude avec celle d’une implantation celte, à partir de la tombe de Vix. Pour ma part, je trouve l’étude de l’habitat et du sanctuaire de Corent plus intéressant.

Un peu plus tard, il s’agit d’aborder la romanisation des peuples de la Gaule. Dominique Borne propose de voir cela par trois « monuments » : l’arc de triomphe de Glanum, celui de Saintes et enfin les Tables claudiennes conservées à Lyon. Le site de Glanum a l’avantage d’avoir une origine celte puis d’avoir été hellénisé au contact de Massalia avant de devoir un centre romain assez important. L’arc de triomphe de Saintes permet de voir l’acculturation des gaulois avec l’inscription du magistrat qui l’a fait ériger en l’honneur de l’empereur.

Nous abordons ensuite la fin de la période romaine et les « invasions barbares » avec Childéric et son fils Clovis. Il s’agit de montrer que les Francs se sont coulés dans le moule de l’empire romain et du christianisme et de remonter à l’origine « mythique » du royaume de France avec l’étude du baptême / sacre de Clovis. Cette partie n’est cependant pas au programme de sixième. Elle y serait à sa place chronologiquement, mais pourrait aussi s’insérer en cinquième lors de l’étude de la mise en place de l’état royal en France (en revenant sur le premier sacre).

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Autre étude qui n’est pas au programme, celle du serment de Strasbourg et du traité de Verdun en 842 -843. Ces deux évènements font France puisque le premier montre la séparation entre la langue romane et la langue germanique et le second l’apparition de la Francie occidentale qui va devenir le regnum Francorum.

Pour montrer l’origine de la langue française, il propose d’étudier ensuite la cantilène de Sainte Eulalie, rédigée vers 878 près de Valenciennes.

En cinquième :

Dominique Borne insiste sur l’importance de l’Islam en France et son histoire ancienne et la nécessité de l’enseigner pour faire vivre ensemble tous les Français. Le programme de cinquième peut permettre d’insister sur cette idée. Il s’agira de restituer les invasions arabes en France dans le contexte de l’expansion musulmane et de montrer la montée en épingle de deux évènements à des fins « nationalistes » et religieuses : la bataille de Poitiers et la Chanson de Roland. Pour le reste, il faudrait montrer ‘influence de l’Islam en France au Moyen – Age en utilisant le documentaire ici (partie 1) et là (partie 2).

Les autres thèmes développés par Dominique Borne se trouve déjà dans les programmes : la construction de l’Etat et de la nation et la sacralité du roi très chrétien.
Par contre, il faudrait montrer que ce qui va devenir la France a cherché à se singulariser dans l’Europe chrétienne en s’opposant  au Saint Empire « allemand » (avec les guerres d’Italie) et à l’Angleterre (la guerre de Cent ans).

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Pour traiter de l’émergence du roi absolu, Dominique Borne propose d’étudier et d’opposer deux oeuvres picturales : le voeu de Louis XIII peint par Philippe de Champaigne et le plafond de la galerie des glaces de Versailles peint par Le Brun afin de montrer l’évolution de l’idéologie royale.

A suivre…

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