Un calendrier agricole du Moyen – Age en vidéo

Je vous propose des extraits du documentaire d’archéologie expérimentale de la BBC, Tales of the Green Valley, afin d’illustrer le calendrier agricole extrait du Rustican. Il est en effet de plus en plus difficile d’expliquer les travaux agricoles à nos élèves d’origine terriblement urbaine…

rusticans

Ce traité sur l’agriculture et le jardin est l’œuvre de Pietro Di Crescenzi (1233-1321). Son Opus ruralium commodorum fut le premier traité d’agriculture rédigé depuis l’Antiquité. En France, c’est à la demande de Charles V que le texte fut traduit  en 1373 et intitulé : Rustican ou Livre des proffiz champestres et ruraulx.

Calendrier_agricole_et_religieux

Janvier

JANVIER : Pierre de Crescens consacre plusieurs chapitres aux travaux de préparation des champs : sarclage, émiettement des mottes de terre avec un maillet, mise en valeur par la fumure, les engrais verts et autres amendements. Cette scène peut représenter l’extraction de l’argile par un paysan à l’aide d’une pioche. L’argile entre dans la composition des tuiles et dans la construction des murs des maisons paysannes et des étables à pans de bois et les mois d’hiver sont propices à l’entretien des bâtiments de la ferme. Dans le documentaire, les archéologues fabriquent ainsi une haie afin de mettre à l’abris des animaux les cultures à venir.

Février

FEVRIER : La fumure (l’enrichissement d’une terre agricole par épandage de fumier), a toujours été l’un des points faibles de l’agriculture médiévale. Si les traités d’agronomie insistent sur sa nécessité, c’est précisément parce que la pratique en était rare, limitée à quelques grands exploitants agricoles comme les communautés monastiques. La stabulation (période pendant laquelle les animaux restent à l’étable) restait courte, et la litière, insuffisante en raison de la rareté de la paille, ne permettait pas de constituer des quantités importantes de fumier.

Mars-copie

MARS : la taille symbolise souvent la viticulture au Moyen Âge. En fait, ce travail se reproduit plusieurs fois dans l’année selon Pietro de Crescenzi : en février ou mars seulement dans les régions froides, en octobre ou novembre et en février ou mars dans les zones les plus chaudes. L’auteur ne s’étend pas sur les techniques employées, les outils ni les gestes. Dans le pays de Galles, les vignes n’étaient pas présentes mais en mars on préparait le jardin.

Avril-copie

AVRIL : Recherché avant tout pour sa laine, le mouton était aussi considéré comme une bête à viande et servait accessoirement pour le lait et les fromages. Le berger immobilise entre ses jambes de sa main gauche l’animal choisi parmi le troupeau, qu’il se prépare à tondre à l’aide de grands ciseaux appelés forces.

Mai-copie

MAI : Le thème de la chasse au faucon provient des calendriers liturgiques et n’a pas de rapport avec le texte du Rustican, consacré à l’agronomie. En revanche, il ne pouvaitt que plaire aux lecteurs de la noblesse, qui  pratiquaient cette chasse, considérée comme la plus noble et la plus distinguée de toutes. Pas de chasse au faucon pour les paysans, alors j’ai préparé à la place une compilation de leurs loisirs.

Juin-copie

JUIN : Ici l’auteur évoque la fenaison. Le pré fauché est clos pour être protégé du vagabondage des animaux. Il fait chaud, le faucheur est vêtu d’une simple chemise blanche fendue sur le côté, un chapeau de paille à larges bords le protège du soleil de juin.

Juillet-copie

JUILLET : La moisson à la faucille ne prélevait que le haut de la tige, laissant une importante quantité de paille après la récolte, et permettant la pousse d’une deuxième herbe, le regain, que l’usage de la vaine pâture livrait aux animaux de la communauté villageoise.

Aout-copie

AOÛT : Le battage s’effectue en plein air. Le paysan tient à deux mains son fléau rejeté derrière la tête, prêt à être abattu sur les gerbes. Le fléau est muni d’un très long manche, et sa partie battante est beaucoup plus courte. Il est difficile de voir si son sol est recouvert d’argile détrempée, comme le recommande l’auteur. Un ami m’a expliqué  les graines du blé sauvage se détachent toutes seules lorsqu’elles sont mûres et que c’est parce que l’homme a cultivé puis récolté le blé que la sélection à fait disparaître le caractère qui fait que la grainé se détache seule.

Septembre-copie

SEPTEMBRE : Le labour n’est pas représenté dans le calendrier. L’image insiste sur les semailles, auxquelles l’auteur consacre tout un chapitre de son ouvrage. La représentation des champs labourés se réduit à quelques sillons parallèles, dont on constate à l’arrière plan qu’ils sont disposés perpendiculairement les uns aux autres. Le calendrier situe les semailles en septembre, ce qui correspond à la date préconisée par l’auteur pour les régions froides, tandis qu’il les repousse à la fin octobre ou en novembre pour les endroits ensoleillés. Le paysan marche en serrant la semence de son bras gauche ; il éparpille les grains de sa main droite, le bras écarté et baissé vers la sol. Il porte un tablier de semailles, ce qui correspond à l’usage français, alors que les enluminures des versions italiennes montrent la semence transportée dans un récipient en bois ou en osier.

Octobre-copie

OCTOBRE : Le raisin, avant d’être mis en jarres, devait être foulé deux fois : le paysan est enfoncé jusqu’aux cuisses dans la cuve contenant les raisins, tandis qu’un second vendangeur verse le produit de la récolte contenu dans un panier d’osier. La cuve à fouler, large d’environ un mètre et haute d’à peu près soixante dix centimètres, est posée sur deux cales en bois. Le jus de raisin en dégouline par plusieurs coulées verticales. Pas de vendanges en Angleterre, mais on fabriquait de la bière.

Novembre-copie

NOVEMBRE : Quatre porcs, en bordure de la forêt, se nourrissent des glands que fait tomber du chêne, à l’aide de sa perche, le paysan qui les surveille. Pratique courante, la glandée consistait à laisser les porcs, animaux peu exigeants, se nourrir de glands, de racines et d’herbes dans les bois. L’auteur suggérait aussi d’emmener les porcins manger dans les vignes après la vendange, pour nettoyer et gratter le sol à la manière du laboureur.

Décembre-copie

DECEMBRE : Le porc constituait une part importante de l’alimentation médiévale. Il servait de base à la nourriture dans toute l’Europe chrétienne. Chaque région avait ses modes de cuisson, de préparation, et de conservation. On pouvait saler le porc et on le conservait en grande partie dans des saloirs ; ou bien on en faisait du confit en cuisant les morceaux dans la graisse. Le jambon était tantôt fumé dans la cheminée, tantôt séché à l’air. Il était conservé pendu aux poutres du plafond ou sous la cendre.

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