La carrière ecclésiastique de l’abbé Guiot

La lecture du troisième tome des ŒOeuvres poétiques de l’abbé Guiot m’a permis de préciser certains éléments de sa vie. Il termine le cours de théologie au grand séminaire d’Orléans à la fin de 1841, âgé de 23 ans. Il devient sans doute professeur de sixième au petit séminaire, chargé de la classe de grammaire,  dès 1842 avant d’avoir reçu l’ordination (il n’a pas l’âge coutumier de 25 ans). Il est ordonné prêtre le premier avril 1843 . Il est nommé dans la succursale de Triguères le 14 septembre 1852 puis à Baule le 16 août 1859. Il semble à ce propos que la succursale de Baule ait été érigée en cure pour son arrivée. Lors de l’inauguration de la nouvelle église de Baule le 2 août 1866, l’évêque Dupanloup fait de l’abbé Guiot une chanoine honoraire non résidant de la Cathédrale d’Orléans (un titre purement honorifique) . Il est enfin nommé à Chécy le premier novembre 1874.

La carrière de l’abbé contient l’un des deux mystères que j’aimerais tenter de résoudre à son sujet. Pourquoi a-t-il quitté le petit séminaire en 1852 alors que le professorat semblait lui réussir. Un premier élément est donné par sa notice biographique :  » Mais des modifications se firent dans l’institution. L’abbé Guiot dut renoncer à ce ministère de l’enseignement qui lui avait été si doux et auquel des aptitudes spéciales semblaient l’avoir destiné. »

Il serait donc parti « malgré lui ». Pourquoi ? L’une des explications tient peut être au remplacement du supérieur l’abbé Lecointe par un nouveau personnage,  l’abbé Champeau en  1851 ainsi que la nomination de nouveaux professeurs. Voici un extrait d’une lettre qu’il écrit à son ami l’abbé Léon Godefroy, qui a quitté le professorat en août, en décembre 1851.

« (…) je viens d’adresser une lettre à M. Poiré ; faut-il avouer, les larmes m’ont gagné en lui parlant de mes affections et de mes regrets. Je pleure encore comme un enfant au souvenir des années heureuses que j’ai passée auprès de lui, année que je regretterai toujours, parce qu’elles ne sont plus .

Je n’ai cependant pas à me plaindre ici. Je suis entouré …. de respects et de discrétions …. ; mais ce n’est plus la vie d’autrefois, la bonne et douce vie de famille.

On voit maintenant, parmi les professeurs, des représentants de toutes les nationalités : le cercle va toujours en s’élargissant ». 

Et un second, toujours au même, daté de février 1852 :

« …Et toi, mon cher ami, tu es triste ! C’est un état d’esprit que j’ai connu et que, sans doute, je connaîtrais encore, si je n’avais mon orgue et mon dessin ; si je n’avais des élèves que j’aime, à te rendre jaloux ; si je n’avais, enfin, de bons confrères qui deviennent, de jour en jour, plus aimables. (…) Malgré tout, il est encore une partie de mon âme qui souffre …. Ne me faudra-t-il pas quitter, comme toi, bientôt et pour toujours, ce Séminaire …., tout ce que j’ai aimé le plus sur la terre ?  »

Ayant quitté le séminaire pour les vacances de 1852 (traditionnellement de août à octobre) il est nommé en septembre à Triguères. Voici ce qu’il en dit à Léon Godefroy :

 » Assez longtemps j’ai attendu que ma paroisse fût, comme la charte, une vérité. Errant de ville en ville, de foyer en foyer, sans feu ni lieu, j’allais chercher, sous des climats qui n’étaient pas les miens, de quoi me consoler des ennuis de l’attente. Enfin, un beau jour, sur un signal parti de haut, je vins tomber, comme l’aérolithe qu’on admire ici, sur Triguères dont les portes m’étaient enfin ouvertes. »

Il semble donc que son départ du séminaire ait été quelque peu soudain et en tout cas non préparé.

 

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