Revoilà Guy Môquet

Des enseignants et des chercheurs réunis dans un Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire n’estiment pas possible de cautionner d’une façon ou d’une autre la journée de commémoration de la mort de Guy Môquet dans les lycées, le 22 octobre.

Chaque acteur de l’espace scolaire jugera de l’attitude qui lui paraît la plus juste mais il ne nous apparaît pas possible, en tant qu’enseignants comme en tant que chercheurs, de cautionner d’une façon ou d’une autre une telle contrefaçon mémorielle“, écrit le comité, qui rassemble une centaine d’universitaires, de professeurs de lycées (histoire-géo) et de chercheurs.

Il dénonce l’instrumentalisation du passé à travers cette opération.

Toutes les complexités de la Résistance disparaissent derrière l’écran blanc d’une dernière lettre sortie de son contexte“, critique le comité. Tout est fait pour que l’Ecole fabrique un mythe patriote en lieu et place d’une interrogation critique sur la mémoire nationale, affirme-t-il, dénonçant au passage une “véritable cérémonie de monument aux morts (…) inventée pour l’occasion” dans une circulaire du ministère de l’Education nationale parue le 30 août.

Entre usage rugbystique (la lettre avait été lue aux joueurs de l’équipe de France de rugby le 7 septembre avant le match France-Argentine) et cérémonie scolaire, tout se passe comme s’il s’agissait de mettre en place des bataillons de la mémoire dont les enseignants seraient les nouveaux hussards noirs, au service d’une mémoire aussi étroitement nationale que largement amnésique“, estime le comité.

Parce que je suis d’accord avec ce comité, je vais donc mener avec mes élèves cette interrogation critique sur la mémoire nationale à l’occasion de cette journée.

Ceci dit, cette instrumentalisation vaut aussi pour le Parti communiste Français qui a osé reprendre la figure de Guy Môquet dans des affiches de propagande !

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.